La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français « Je » de combat

mars 2003 | Le Matricule des Anges n°43 | par Jean Laurenti

L' Écriture comme un couteau

(entretien avec Frédéric-Yves Jeannet)
Editions Stock

Dans un article publié dans Le Monde juste après la mort de Pierre Bourdieu, Annie Ernaux disait sa gratitude pour ce sociologue dont les ouvrages l’accompagnent depuis trente ans. Écrire sur le « refoulé social », sur la souffrance des « dominés », est en effet une dimension centrale du projet littéraire d’Annie Ernaux. Elle l’expose avec précision dans ce long entretien avec Frédéric-Yves Jeannet, auteur de Cyclone, Charité et, tout récemment, de La Lumière naturelle. Jeannet est depuis longtemps un lecteur attentif d’Annie Ernaux et son questionnement aigu est propice à l’élucidation d’une œuvre dont la réception suscite parfois de l’incompréhension et du rejet.
L’« écriture du réel », cette « écriture plate » qui est le matériau des livres d’Annie Ernaux depuis La Place, texte consacré à son père, est la seule qui permette de s’acquitter de la tâche : « faire exister les choses, voir, en oubliant les mots ». Pour évoquer le « monde des dominés », dire la douleur de s’être éloignée de son père en accédant au savoir, à la culture, il fallait « instaurer une distance objectivante, sans affects exprimés, sans aucune complicité avec le lecteur cultivé ». « Par le choix de cette écriture, explique-t-elle, j’assume et dépasse la déchirure culturelle : celle d’être une immigrée de l’intérieur ». Écrire c’est s’attaquer avec un « couteau » aux conceptions dominantes du monde, c’est ne s’interdire aucun sujet, même ceux que les bien-pensants qualifient d’obscènes ou d’insignifiants : un avortement (L’Événement), l’attente obsessionnelle d’un amant (Passion simple), l’irruption de la honte dans la vie d’une enfant (La Honte), le RER, l’hypermarché (Journal du dehors, La Vie extérieure)…
Il y a dans tous ces « chantiers » d’écriture -journaux et récits autobiographiques- une exposition assumée au danger, à « la corne de taureau » qu’évoquait Leiris, un des auteurs qui ont nourri son travail. Faire don de soi à l’écriture et par elle se sauver et libérer, telle est la mission que s’assigne Annie Ernaux. Un projet qui puise au plus profond de l’intime sa vocation « collective ».

L’Écriture comme un couteau
Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet
Annie Ernaux
Stock
156 pages, 14,50

« Je » de combat Par Jean Laurenti
Le Matricule des Anges n°43 , mars 2003.
LMDA papier n°43
6.50 €
LMDA PDF n°43
4.00 €