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Poésie Étoiles égorgées

janvier 2005 | Le Matricule des Anges n°59 | par Richard Blin

Quelle est la nuit parmi les nuits

Chez Vénus Khoury-Ghata le noir est noir, les « anges brûlent leurs ailes pour se réchauffer », on met dans le même trou « le bébé mort les larmes du cerisier et l’alphabet » tandis que « l’arc-en-ciel a bu l’eau du bénitier ». Un noir sans fond, une mort omniprésente, à l’image de son Liban natal, de sa terre violée, déchirée par les luttes fratricides qui l’ont livrée à ses ennemis « ils creusèrent leurs tranchées dans nos chambres/ allongèrent leurs fusils entre nos draps/ squattèrent nos trottoirs à longueur d’homme/ à longueur de honte ». Il y a aussi la tournoyante présence des absents, la violence du père « ficelant son fils pour l’enterrer sous les orties » - fils, et frère, qui deviendra fou. Et puis il y a la mère qui se trompait toujours de rêve. Mais tous ces morts ne sont pas définitivement morts, ils reviennent sous les mots, dans les mots, avec les mots, et « penchée au-dessus de mon épaule/ la morte analphabète surveille ce que j’écris/ chaque ligne ajoute une ride sur mon visage ».
En quatre parties, Quelle est la nuit parmi les nuits dit la douleur, et les élans, d’une âme à l’envers et d’une enfance désenchantée. Écriture du manque et de la discordance, dont la densité tragique est comme éclairée par la lumière secrète des choses autant qu’elle reste imprégnée par l’esprit d’enfance et l’aura du légendaire. « Elle réalisa que la maison était morte quand les murs se mirent à/ brouter la haie ». Un ton quelque peu iconoclaste mais qui est peut-être le seul qui permette de continuer à avancer en quête de la lumière de l’obscur. « La femme qui suivait l’arbre avait les aisselles vertes/ l’ourlet défait d’une branche la fit trébucher/ la hache sous sa jupe coupait l’eau le feu pas la douleur ».

Quelle est la nuit
parmi les nuits

Vénus Khoury-Ghata
Mercure de France
135 pages, 14,50

Étoiles égorgées Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°59 , janvier 2005.
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