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Domaine français Marée montante

mars 2005 | Le Matricule des Anges n°61 | par Lise Beninca

L' Archipel de la mémoire

Allongé sur son lit, le corps enveloppé d’un drap comme d’un linceul tant le sommeil s’apparente à la mort, un homme interroge sa mémoire morcelée. « N’y avait-il pas d’îles, avant, dans ma mémoire, aucune mer, aucun brouillard ? » Du jardin qui s’étend sous la fenêtre aux jardins intérieurs, il y a une limite infime que les divagations du demi-sommeil autorisent à franchir. L’homme laisse aller son esprit à cette douce confusion où le jour se mêle à la nuit, le rêve au réel. Il retient son souffle à l’approche de personnages évanescents et parcourt mentalement des lieux d’autrefois. Vaines tentatives pour recomposer la géographie de ses souvenirs. « J’ai perdu la force qui maintenait liés entre eux tous ces jardins, celle qui permettait de construire des barrages et des digues. L’eau noire a envahi trop tôt les profondeurs de ma mémoire et les jardins détachés ont flotté trop tôt sur l’étendue horizontale de l’oubli. » Les formes surgies des murs de la chambre reflètent son désarroi.
L’architecte Paul Andreu nous livre ici son premier roman, composé de bribes comme autant de pierres empilées dans l’espoir de reconstruire un passé enfui. Une douleur lancinante traverse ce beau texte énigmatique, malgré un lyrisme parfois maniéré, celle d’une pensée qui « saute par saccades d’un instant à l’autre » alors qu’elle aspire à une avancée sans heurts. L’acceptation est sans doute la seule issue. Au fil du temps la marée monte, jusqu’à recouvrir de son flot les ponts tendus entre les îlots du passé. C’est peut-être alors seulement qu’une vie neuve de toute mémoire peut commencer.

L’Archipel de la mémoire de Paul Andreu
Léo Scheer, 122 pages, 15

Marée montante Par Lise Beninca
Le Matricule des Anges n°61 , mars 2005.
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