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Domaine étranger L’intarissable

mars 2005 | Le Matricule des Anges n°61 | par Thierry Cecille

Dans l’Espagne de la fin du franquisme, entre la provinciale et insignifiante Murcie et les plages populeuses de la Méditerranée, un homme aime une femme mais elle le quitte pour une autre, devenant, ainsi que le disaient les poètes érotiques latins, une Tribade. Comme si Albertine, au lieu de mourir, était enfin parvenue à échapper aux griffes du Narrateur de La Recherche pour des errances lesbiennes ! Une amie de l’abandonné, du cocufié que la jalousie enrage et empoisonne, lui écrit de longues lettres, analysant sa propre passion et tentant de le sauver de ses tourments. Nul doute qu’Espinosa (durant toute son existence 1926-1982 discret conseiller juridique en apparence, en réalité romancier d’avant-garde) soutient la comparaison avec Proust pour la précision de son enquête dans les lacis de l’autoflagellation et du désespoir amoureux, nul doute qu’il faille voir ici, comme dans l’Ulysse de Joyce, une œuvre palimpseste, qui décrit la naissance de l’individualisme contemporain, hédoniste et consumériste, avec toutes les ressources de la langue littéraire espagnole (avec une prédilection qu’annonce le sous-titre, « Theologiae Tractatus », pour les mystiques, de Saint Jean de la Croix à Sainte Thérèse) mais il est possible (ou fatal) que le lecteur, lui, demeure en chemin, essoufflé ou assommé. Si, dans un premier temps, nous pouvons en effet être emportés par la justesse des maximes disséminées, la précision d’entomologiste de certains portraits, « l’ironie de la profonde intelligence, toujours bonne », l’œuvre semble vite revenir sans cesse sur elle-même, spirale ou serpent, approfondissant progressivement une peinture morale et même métaphysique de notre monde et de ses divers divertissements au sens pascalien bien sûr en des « commentaires » et des commentaires de commentaires, auxquels il faut se plier avec une patience réelle mais qui sera récompensée.

Tribada de Miguel Espinosa - Traduit de l’espagnol par Yves Roullière, Phébus, 388 pages, 21,50

L’intarissable Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°61 , mars 2005.
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