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Domaine français Lit de souffrances

juin 2005 | Le Matricule des Anges n°64 | par Lise Beninca

Mouvement par la fin

Surgissant d’un corps cloué à un lit d’hôpital, veiné de drains, étouffé de bandages, la parole monte comme une bulle d’air pour venir éclater à la surface. « J’écris de mon corps. » Comme on écrirait de loin. Tant la douleur isole le malade du reste de l’humanité. Mouvement par la fin est le journal d’un corps souffrant, entré dans la vie par ce qui normalement l’achève : l’agonie. « La douleur me fut offerte au lieu de la vie. » Les mots s’écoulent en gouttes brûlantes jusqu’à la main qui les transcrit. Ils font mal à lire. Et pourtant, au moment où l’oppression se fait si forte, ils s’échappent soudain au grand air. « Je vois par la fenêtre ma liberté aussi joyeuse que moi. » Une de ces respirations, pleines, avalant d’un trait les miroitements de la mer et des morceaux de soleil, qui sont pour le malade une naissance renouvelée entre chaque crise. Ce n’est pas une leçon de vie, mais l’idée simple qu’accepter la souffrance comme compagne est le moyen d’en vaincre l’absurdité (et celle des médicaments avalés « pour continuer à souffrir »).
Le corps qu’elle transperce s’ancre plus que jamais au réel, prend toute sa densité. « J’aime le mal pour ce qu’il m’ôte d’irréalité. » La douleur ouvre, peut-être, un passage secret vers la conscience de soi, une fenêtre avec vue sur la quintessence de la vie.
Philippe Rahmy est atteint de la maladie des os de verre. Dans ce premier livre, il donne à l’écriture la fragilité de son corps et la force vive de son esprit.

Mouvement par la fin (Un portrait de la douleur) de Philippe Rahmy
Cheyne éditeur, 64 pages, 13,50

Lit de souffrances Par Lise Beninca
Le Matricule des Anges n°64 , juin 2005.