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Poésie Face-à-face Dupin/Tàpies

juin 2005 | Le Matricule des Anges n°64 | par Thierry Cecille

Matière d’infini

Illustration(s) de Antoni Tàpies
Editions Farrago

Du Peintre de la vie moderne de Baudelaire au Giacometti de Bonnefoy, l’exercice d’admiration peut être, pour un poète, l’occasion d’une exploration renouvelée de ses propres territoires. Confronté aux œuvres de Tàpies, Dupin s’arme de ses propres outils mots, phrases, sons, rythmes et images pour tenter, en une méditation attentive, d’approcher ce qui, ici, s’offre et se dérobe. Pendant près de cinquante ans, il rencontre cette peinture et, incessamment, la pense : elle ne sera pas le prétexte (ou pré-texte) d’envolées lyriques ou de fumeuses ratiocinations abstraites, il ne veut pas y échapper, bien au contraire il s’y astreint, y enchaîne son regard, et, comme en des procès-verbaux, cerne et discerne. Le plus souvent, la toile est un mur « il se dresse contre le vide, et le vide s’adosse à lui » et sur ce mur vient s’inscrire, en éraflures, écorchures, graffitis, ou bien sédiments, dépôts, rides et rocs, « la sollicitation de la matière ». Bien entendu, dans la seconde moitié du XXe siècle, cette peinture ne peut pas ignorer la fin de la peinture, elle la prend en compte, la retarde, la reconduit infiniment de même le choix entre figuration et abstraction est-il en quelque sorte contourné, pris en compte mais comme dénié : Tàpies mêle aux pigments d’autres objets, d’autres textures (la toile est aussi texte, c’est-à-dire tissu), paille, gravier, terre, papiers. Il s’agit aussi de retrouver là une trace humaine : « l’objet trouvé » est « tiré de sa torpeur de déchet » et parle pour l’humanité « silencieuse, anonyme, et dépossédée de ses pouvoirs ». Palimpseste de mémoire vive, la toile est aussi le lieu de « l’Ouvert » de Rilke, à laquelle elle nous provoque, dans ce voilement-dévoilement qu’offre « la silencieuse déflagration du tableau », dès que le peintre « s’absente pour laisser tout le champ à la rencontre qu’il appelle ».

Thierry Cecille

Matière d’infini (Antoni Tàpies)
Jacques Dupin
Farrago, 141 pages, 15

Face-à-face Dupin/Tàpies Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°64 , juin 2005.