La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Un homme parmi les ombres

janvier 2008 | Le Matricule des Anges n°89 | par Sophie Deltin

Rêveries d’un montreur d’ombres

Y a-t-il des passions transparentes ?
Il faudrait peut-être voir à travers les lézardes du corps, les fissures qui nous traversent, pour comprendre ce qui parfois nous fait advenir à une passion comme à une évidence. À cette question, pourquoi sa fascination pour une sensibilité en apparence si anachronique (le Berlin des années 20-30 et l’expressionnisme), Jean-Michel Palmier (1944-1998), qui fut professeur d’esthétique et des sciences de l’art à Paris-I et l’auteur de nombreux travaux d’envergure (les derniers notamment consacrés à Walter Benjamin), n’aura cessé d’y réfléchir. Peut-être aura-t-il fallu « une espèce de blessure intérieure, de déchirement, de sourde angoisse qui fait que l’on est réceptif à cette esthétique, à cette magie de fantasmes, de rêves et d’ombres et de lumières… »
En exposant les rencontres décisives (Heidegger, E. Bloch), les univers (Benn, Trakl, Fassbinder) et les images fondatrices, il revient sur la genèse de cette passion qui au fil des ans est « devenue une maladie ». Évoquant ses errances dans la ville allemande « comme un somnambule, prisonnier de son rêve », « je ne pouvais plus m’empêcher, confie-t-il, de voir Berlin autrement que comme une radiographie d’un vieux tableau : sous les nouveaux motifs, on aperçoit l’ombre des anciens ». Mais dans un réel qui se déréalise, où prévaut l’illusion de ce qui est en train de disparaître ou est déjà perdu, comment ne pas progressivement échapper à son identité, et réussir à être au clair avec soi-même ? Un brouillage constant dont Palmier rapporte avec franchise, les conséquences, souvent déstabilisantes, tant sur sa vie affective et amoureuse que sur son rapport d’enseignant à ses élèves. S’abandonner, se laisser prendre aux ombres comme à une doublure du temps qui passe un rapt qui dit presque toujours la vérité.

RÊveries d’un montreur d’ombres de Jean-Michel Palmier Christian Bourgois, « Titres », 112 pages, 6

Un homme parmi les ombres Par Sophie Deltin
Le Matricule des Anges n°89 , janvier 2008.