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Arts et lettres Chaval, humour libre

octobre 2008 | Le Matricule des Anges n°97 | par Gilles Magniont

Chaval, humour libre

Un copieux catalogue d’exposition, mêlant analyses et reproductions, permet de jeter à nouveau l’œil sur les œuvres d’Yvan Le Louarn dit Chaval - une sorte de soleil noir dans l’univers du dessin de presse. Naissance en 1915, études aux beaux-arts, tentatives diverses de gravure ou d’illustration, travaux alimentaires variés, et puis vient le succès « par défaut », à partir des années 50, dans le dessin dit d’humour. De Paris Match en Figaro, son talent est très demandé : mais ne pas confondre, on est bien loin de Jacques Faizant. Nulle référence à l’actualité ici, et, ce qui est plus singulier, pas forcément d’appel au sourire. Épurés jusqu’au trait, bannissant ombres et décors, les dessins, qu’ils soient légendés ou non, témoignent d’une sorte de perplexité sèche face à l’existence : c’est parfois un détail saugrenu qui est mis en relief, ailleurs des airs de détresse existentielle qui prennent le dessus - une détresse qu’on retrouve au cœur des quelques textes, plutôt du genre sinistre, qu’écrivit Chaval : « Je sais que, dans la vie, certains moments paraissent heureux, c’est une question d’humeur, comme le désespoir, et ni l’un ni l’autre ne reposent sur rien de solide. Tout cela est d’un provisoire dégueulasse ». Plutôt qu’à l’absurde, que les commentateurs invoquent toujours paresseusement en pareil cas, c’est plutôt à la tradition des contes cruels qu’on songe alors parfois. Dans ce registre, la création la plus noire et la plus forte est peut-être celle des Oiseaux, figures muettes et aveugles qui envahissent progressivement l’œuvre, comme d’inquiétants avatars d’Ubu. « Je trouve que le manque total d’expression de l’oiseau lui donne l’air con » : Chaval bricolera à sujet un indiscutable court métrage d’animation, Les Oiseaux sont des cons, en 1964 ; et puis, vaincu peut-être par les volatiles, il se suicide quatre ans plus tard.

chaval, humour libre
Le Festin/Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 142 pages, 22

Chaval, humour libre Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°97 , octobre 2008.
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