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Événement & Grand Fonds Pauvres d’eux nous

octobre 2008 | Le Matricule des Anges n°97 | par Jean Laurenti

William T. Vollmann a longuement arpenté le continent obscur de la pauvreté et en est revenu avec un livre saisissant comme un coup de poing en pleine figure. Un essai qui interroge aussi le regard et la cécité de ceux que d’heureuses circonstances ont fait riches.

Pourquoi êtes-vous pauvres ?

Il faut un culot hors du commun et un talent en proportion pour se lancer dans une entreprise d’aussi longue haleine pour approcher le mystère de la pauvreté en divers lieux du globe.Et de surcroît avec un protocole d’enquête qui hérisserait le cheveu lustré de plus d’un expert ès qualité. Il faut cette dose d’inconscience et d’auto-ironie qui désamorce (en partie) les risques inhérents à la question leitmotiv qui donne son titre français au dernier opus de William T. Vollmann. L’auteur du monumental Central Europe, roman (lauréat du National Book Award 2005) lui aussi publié chez Actes Sud, apporte une pierre supplémentaire à une œuvre profuse et, pour une large part, aux orientations encyclopédiques : de Vollmann, Tristram publiera en 2009 un grand essai intitulé Le Livre des violences qui s’attaquera à un sujet non moins vertigineux que celui de la pauvreté.
Aborder les pauvres en leur demandant de nommer le principe à l’origine de leur situation, ce n’est évidemment pas attendre d’eux une réponse qui viendrait corroborer ou infirmer une éventuelle hypothèse forgée dans le huis clos d’un bureau. C’est bien davantage permettre l’émergence du récit spontané, se frotter à sa douleur délétère, affronter par lui ses propres peurs, ses propres contradictions d’homme « riche ». Car la pauvreté exige constamment qu’on interroge le regard qu’on porte sur elle. En plus d’être un état ou, plus souvent, une spirale, elle induit une relation foncièrement asymétrique. Elle a besoin pour se révéler comme phénomène d’être observée par quelqu’un qui ne soit pas pauvre. Sinon, elle reste cette réalité de droit divin, une évidence nécessaire à la marche du monde au même titre que le retour des saisons, l’esprit d’entreprise, les océans ou la beauté des femmes.
« Je ne souhaite pas faire l’expérience de la pauvreté, car cela m’obligerait à connaître la peur et le désespoir, avertit Vollmann dans un propos liminaire. Par conséquent, je ne peux que l’apercevoir de l’extérieur. » Avec une certaine rudesse de ton, il critique la démarche suivie par James Agee et Walker Evans auprès des métayers pauvres d’Alabama pendant la Grande dépression, pour leur célèbre et beau livre Louons maintenant les grands hommes : « (…) il s’agit d’un cri d’amour puéril, cet amour qui pousse un enfant à étreindre les jambes d’un inconnu. » Selon Vollmann, Agee s’adresse aux pauvres « dans un style d’un hermétisme magnifique tout de mortification, que seuls les riches auront le loisir de comprendre. » Mais Pourquoi êtes-vous pauvres ?, s’il est écrit dans une langue simple, dénuée de tout jargon sociologique, n’a pas non plus vocation à édifier ceux qui sont concernés au premier chef : « Cet essai n’est pas écrit pour les pauvres, ni pour quiconque en particulier. » Et encore : « Comment pourrais-je avoir la vanité d’espérer « changer des choses » ? Je n’ai rien d’honorable à tenter et ne peux que montrer et comparer dans la mesure de mes capacités. »
Un livre...

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