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Essais S’acheter une vie

novembre 2008 | Le Matricule des Anges n°98

Relativement méconnu en France, Zygmunt Bauman est une des figures intellectuelles majeures de notre temps. Des livres comme La Vie liquide, La Société assiégée ou encore Vies perdues, sont amenés à devenir des classiques de la pensée du 20e siècle. Bauman y développe notamment le concept de « modernité liquide », une modernité compulsive, obsédée par le changement, qui n’offre qu’une existence temporaire aux formes qu’elle invente (jusqu’à ce qu’une nouvelle soit découverte). Selon Bauman, cet avènement de la modernité liquide a entraîné une transformation de la société de production en une société de consommation. Les individus sont appelés désormais à être à la fois « les promoteurs des marchandises et les marchandises qu’ils promeuvent », « les biens et leurs VRP ». Réunis au sein d’un espace social appelé marché, ils doivent se refondre « en produits capables d’attirer l’attention, de susciter une demande et d’attirer des consommateurs », pour en gravir les échelons ou simplement s’y maintenir.
Montrant que cette transformation est le fruit d’un long processus de dérégulation et de privatisation, Bauman revient sur les thèmes qui lui sont chers et qui ont fait sa réputation : la fragilité croissante des liens entre les hommes (aussi faciles à rompre qu’à nouer), les peurs sociales (la peur de ne plus répondre aux critères du marché, d’être catalogué comme un « consommateur défectueux »), la « redondance » et la mise au rebut : « l’économie consumériste doit se reposer sur l’excès et le déchet. » Ce faisant, il s’interroge sur une société qui « interpelle » ses membres « en premier lieu en leur qualité de consommateurs » (je consomme donc je suis), encourage l’individualisme forcené, et pratique « la tyrannie de l’instant ». A priori, rien de bien nouveau ou de très original. Sauf que cette idée de « liquéfaction » constitue une perspective théorique assez puissante pour donner sens et cohérence à des problématiques apparemment distinctes. La force et l’inspiration de ce livre sont en effet de traiter dans le même élan la question de l’immigration « à points » en Angleterre, l’underclass américaine ou les sites internet dits de « socialisation », sans pour autant perdre en pertinence ou en qualité d’analyse.

S’ACHETER UNE VIE
dE ZYGMUNT BAUMAN
Traduit de l’anglais par Christophe Rosson
Éditions Jacqueline Chambon, 204 pages, 23,80

S’acheter une vie
Le Matricule des Anges n°98 , novembre 2008.
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