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Domaine étranger Saisons

novembre 2008 | Le Matricule des Anges n°98 | par Camille Decisier

Alors qu’il était profondément contre la guerre, Rigoni Stern a été plongé au cœur même de son atroce absurdité, détenu jusqu’au printemps 45 dans un camp de Prusse orientale. Libertaire, il aura vécu sa jeunesse entre les parenthèses autoritaires du régime mussolinien ; passionné précoce de littérature, il ne commencera d’écrire qu’à l’aube de ses 50 ans et, malgré le succès, ne cédera jamais à la tentation des salons, quittant rarement les hauts plateaux vénitiens qui le virent naître. Et mourir, en juin dernier, à l’âge de 86 ans. Avec sa disparition s’achève le travail du mémorialiste de guerre, témoin et contempteur de ses aberrations ; s’achève également celui du botaniste, de l’amoureux fou et fin connaisseur de la nature, de l’observation de laquelle il tirera Le Vin de la vie, œuvre lyrique et belle, singulière entre toutes. Saisons est son ultime révérence au monde ; il l’a voulue sobre et dépouillée, sans courbettes ni sanglots longs. Quatre chapitres avec l’hiver pour ouverture, puisque c’est sur le seuil du sien qu’il se tient désormais. Ravivés par un souffle d’air ou par le cri d’un animal, les souvenirs se succèdent au gré des pas du marcheur. Les familiers de Rigoni Stern remarqueront la distanciation qui s’opère cette fois vis-à-vis des souvenirs militaires, adoucis par la tendresse éternelle prodiguée par la nature. La posture contemplative favorise la joie simple de la promenade. Ainsi « la neige rouge et noire de Stalingrad recouvrant les cadavres des civils morts de faim » est aussi une « page blanche » sur laquelle il « lit » le premier réveil des cerfs, au printemps. Rigoni Stern - comme Primo Levi, dont il fut l’ami et l’admirateur - condamne les limites quotidiennes de la mémoire de l’homme, nous invite à nous souvenir plus souvent du temps qu’il faisait lors des moments importants de notre vie. Peut-être parce que lier par la mémoire la nature et la culture, c’est démultiplier les occasions de ne pas oublier. Voilà, peut-être, la thèse la plus touchante de l’œuvre de Mario Rigoni Stern,

saisons
de mario rigoni stern
Traduit de l’italien par Marie-Hélène Angelini,
La Fosse aux ours, 182 pages, 18

Saisons Par Camille Decisier
Le Matricule des Anges n°98 , novembre 2008.
LMDA papier n°98
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