La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Trous noirs

février 2009 | Le Matricule des Anges n°100 | par Camille Decisier

Si l’humour noir est la politesse du désespoir, il en a parfois aussi, heureusement, l’impertinence. Dans l’univers amer de Lazaro Covaldo, les superstructures administratives ne se contentent pas de déshumaniser l’individu, elles le démembrent littéralement. Et lorsque les oligarques coupent des têtes, ce n’est pas au sens figuré : à la noblesse du plateau sur lequel on les apporte se mesure la loyauté des défunts. On pense aux nouvelles pour adultes de Roald Dahl, glaçantes de folie ordinaire ; ici l’hystérie s’enracine dans le quotidien, la normalité dégénère, la rationalité file en douce, profitant d’une imperceptible fissure cérébrale. Ainsi cet amant déçu, banalement cocufié, qui finit par se convaincre que son rival n’est autre qu’un prototype de trou noir humain par lequel aurait été aspirée sa bien-aimée. Ou encore cet écrivain mineur parti effectuer un safari spirituel avec ses sept femmes et leurs seize enfants, lente hallucination cannibalo-littéraire à l’issue de laquelle le patriarche mégalomane s’avère contenir au sens propre toutes les générations issues de sa dégénération. « Ils sont tous à l’intérieur de moi, disait-il, sauf quelques morceaux de mon père que j’ai laissés aux vautours. »
Covaldo allie une écriture des plus sobre, excellente ambassadrice de la cruauté, à un usage maîtrisé de la parabole, figure de proue autant que de style qui donne à ces nouvelles toute leur cohésion et leur énergie. Parmi les sujets qui le préoccupent, on relèvera le meurtre, la pédophilie, l’amputation au sein de l’entreprise, mais aussi quelques apanages discutables de la société moderne (le pouvoir centralisé, la toute-puissance de la publicité, la peur du noir…). Publié en Espagne en 1997, ce recueil - à ce jour le seul traduit en français - valut la notoriété à son auteur, argentin de naissance et barcelonais d’adoption, jusque-là quasi inconnu. De la subversion à l’emporte-pièce, qui piétine sainement bon nombre de tabous.

TROUS NOIRS
de LAZARO COVALDO
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Denis
Amutio, Arbre Vengeur, 214 pages, 15

Trous noirs Par Camille Decisier
Le Matricule des Anges n°100 , février 2009.
LMDA PDF n°100 - 4.00 €