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Dossier Pierre Michon
Fabrique de légendes

mai 2009 | Le Matricule des Anges n°103 | par Thierry Guichard

La plupart de ses livres ont beau être inachevés, l’œuvre de Pierre Michon depuis ses Vies minuscules jusqu’à Les Onze lui confère une place de choix dans la littérature française. Tenu par une injonction littéraire qui touche au sacré, l’homme cherche dans l’écriture les dieux qui ont déserté le monde. Avec un style qui donne à sa prose l’éclat des plus grandes peintures.

Un crâne de statue romaine, un sourire d’enfant éternel, la cigarette à la main, Pierre Michon plaisante et minaude. Il prend une voix qui doit être aux antipodes de celle, muette ou noire, qui doit l’habiter lorsqu’il écrit. Cigarette, et sourire, et minauderies : c’est sa tenue de sortie, de quoi habiller sa défroque sociale. De quoi le rendre délicieux, attentionné, tendre. Le corps glorieux, celui qui joute avec les alexandrins, hisse les grandes couleurs du rythme sur la page et donne, de temps en temps, de courts livres à ses lecteurs, se tient encore peut-être dans sa bibliothèque ou qui sait, comme un marque-page de chair, au cœur d’un livre sur Rome, sur la peinture, l’Histoire ou les faits d’armes de jeunes révolutionnaires. L’homme sourit donc, et fume tout autant. Il téléphone énormément à celle qui, dans les bureaux des éditions Verdier, s’occupe de la presse. C’est que tout le monde la veut cette défroque, ce roi que les lettres françaises, avares en couronnes ces temps derniers, nous ont pourtant donné. Et ça lui fait plaisir au néo-Nantais qui aime le corps glorieux d’un Julien Gracq mais s’est choisi pour le monde, une autre sorte de défroque.
C’est donc plaisant de l’avoir là, assis sur sa chaise, penché sur la table, une main sur le crâne lorsqu’il veut éclaircir un propos. Mais la défroque ne donne pas facilement accès à ce qui gît au cœur de ses livres : « le Verbe vivant ». C’est que, a-t-il écrit : « La littérature s’appelle mur de pierre. »

Pierre Michon, lorsque Le Matricule vous a consacré son dossier de novembre 1993, vous lisiez déjà beaucoup de livres sur la Révolution qui est l’époque à laquelle se déroule Les Onze auquel vous pensiez. Pourquoi vous a-t-il fallu autant de temps pour écrire ce livre ?
J’ai commencé Les Onze parce que je voulais marquer le bicentenaire de la Terreur en 1993. On avait célébré 89 mais pas 93, or ce qui m’intéressait le plus dans la Révolution, c’était la Terreur. Dans le même temps où j’ai eu cette idée, je lisais un très beau livre sur le peintre Tiepolo et j’ai eu comme ça l’idée de croiser Tiepolo avec la Terreur : pourquoi un vieux peintre ayant travaillé avec Tiepolo n’aurait pas pu peindre les gens de la Terreur ? Ceux qui étaient au pouvoir à ce moment-là dans les arts, c’était les néo-classiques, c’était David et ses disciples qui avaient évincé les vieux baroques. J’ai imaginé qu’un baroque, comme l’était Goya, dérivé dans le naturalisme ou le réalisme, aurait pu peindre le tableau capital.

Votre œuvre semble constituée de livres clos (comme Vies minuscules) et de livres inachevés (Le Roi du bois et La Grande Beune, par exemple). Pour le dire autrement : beaucoup de vos livres paraissent être des échecs, magnifiques certes, dans l’ambition dont ils témoignent. Qu’en est-il des Onze ?
Je viens de lire une phrase de Borges que j’ai notée : « Tout est brouillon. L’idée du texte définitif ne relevant que de la religion ou de la...

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