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Entretiens La parole de l’hôte

juillet 2009 | Le Matricule des Anges n°105 | par Jérôme Goude

Enchâssant témoignages au présent et récit historique, Les Eaux glacées du Belomorkanal d’Anne Brunswic, scénariste de cinéma documentaire et écrivain, radiographie les stigmates du joug stalinien.

Les Eaux glacées du Belomorkanal

En 1972, Anne Brunswic, étudiante à la faculté de Nanterre en proie à l’ « autorité naturelle » d’une grand-mère juive, militante communiste pour qui le « mot Goulag » n’évoque rien, foule pour la première fois le sol soviétique. Accompagnatrice improvisée, la jeune femme doit « veiller à ce que les discussions politiques gardent le bon cap. » De ce voyage ponctué par la visite des villes-phares de l’URSS, moyennant quelques roubles, elle rapportera un souvenir fétiche : des papirossy Belomorkanal, ces cylindres bourrés de tabac « aussi large(s) que les Boyard de Jean-Paul Sartre ». Quelques années plus tard, après un court séjour de repérage en août 2006, de villes en villages, Anne Brunswic remonte le canal de la mer Blanche. De février à avril 2007, elle arpente la région de la Carélie, ce pays autrefois peuplé de « magiciens, d’ermites, de conteurs de bylines et de pleureuses » devenu, entre 1931 et 1933, la scène principale d’un « western de l’âge industriel » où périrent de nombreux prisonniers. Les Eaux glacées du Belomorkanal retrace les contours et les détours de cet itinéraire temporel et symbolique qui invite à déciller les yeux sur ce chantier-charnier du canal reliant la mer Blanche et la mer Baltique.
En guise d’entrée en matière, Anne Brunswic immerge le lecteur dans un « enfer de glace et d’explosifs » hanté par la présence obscène des tchékistes, ces responsables des camps de travail « pleins de sollicitude » et, surtout, par le bruit assourdissant des gravats que les esclaves du régime stalinien charrient au moyen d’ « engins malcommodes ». Car, dans Les Eaux glacées du Belomorkanal, ni l’enthousiasme oratoire d’un Gorki ou d’un Aragon, ni le « théâtre, le cinéma, la peinture (ou) un paquet de cigarettes » ne parviendront à recouvrir le râle des « milliers de condamnés de la Guépéou ». Des voix se sont élevées, d’autres s’élèvent, qui, dans un entrelacs vertigineux et non dépourvu de contradictions, dévoilent l’étendue des crimes passés, présents et à venir. Ces voix, en dépit du mutisme de la direction du canal et quelques fins de non recevoir, Anne Brunswic les glane, çà et là, à Medvejegorsk, Segueja ou Kem, dans un musée municipal, une bibliothèque ou un hôpital pour tuberculeux. Impossible de les recenser toutes. Au hasard des portraits de femmes - anti-héroïnes tout droit sorties d’un roman de Dostoïevski - qu’Anne Brunswic esquisse, en voilà un, et non des moindres : Loudmila Stepanova. Logeuse occasionnelle, née en 1937, Loudmila semble avoir définitivement accepté son destin, « grand tas de douleurs, d’avanies et de frustrations ». Comme trois mille autres paysans caréliens, son père a été arrêté en février 1938, puis fusillé en avril de la même année. Au 27, rue des Bois, au milieu des odeurs des brioches et de la kacha de sarrasin, Loudmila, veuve « passablement xénophobe », s’épanche. Nous y sommes, sans surplomb moral ni critique.
« J’essaye de comprendre comment des gens donnent sens à leur vie là...

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LMDA PDF n°105
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