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Domaine étranger Kakis

juillet 2009 | Le Matricule des Anges n°105 | par Virginie Mailles Viard

Le Goût âpre des kakis

Les nouvelles rassemblées ici pourraient s’intituler Couples/ Intérieur jour. Zoyâ Pirzâd travaille son texte comme d’autres un scénario, et très vite cette écriture précise et économe sait imposer son rythme, du champ-contrechamp. Une écriture du fragment, qui avance par à-coups, au rythme parfois métronomique, à l’image de ces femmes qui tous les jours effectuent les mêmes gestes de nettoyage. « Elle sortit de sa chambre, rapporta le verre vide à la cuisine (…). Elle essuya le bord de l’évier qui n’était pas vraiment mouillé. Passa le torchon sur la banque, s’arrêtant au samovar. » De nouvelle en nouvelle surgit l’histoire d’un couple, avec des personnages différents, mais dont la rupture est imminente. Dans « Tâche », Leila traque la moindre souillure, devient experte en produits détergents, tandis qu’Ali son époux la trompe. « L’Appartement » s’ouvre sur Mahnaz incapable de satisfaire les maniaqueries d’un époux qui passe son doigt sur les tables dès qu’elle a le dos tourné, qui exige que, dans son placard, les chemises blanches soient séparées des chemises de couleur.
Ce mince prétexte, celui de la séparation, l’écrivain le déstructure, et le renouvelle systématiquement grâce à un méticuleux travail de mise en scène. Elle éclate littéralement le huis clos, le récit circulant de la cuisine, au salon, à la salle de bains. Une approche qui isole ces femmes poursuivant dans le geste itératif du récurage, du nettoyage, une tradition qui circonscrit l’existence à la maison. Simine, elle, s’est préparée pendant cinq ans au mariage avec son cousin Madjid, qui rentre d’Amérique. Elle a cousu, brodé draps et napperons, elle a appris à confectionner les nan-e nokhodtchis à la main. Mais Madjid revient d’un autre monde, où la femme a pris une autre place. Si les deux dernières nouvelles reprennent un processus narratif plus fluide et moins instantané, elles conservent ce goût pour le détail, pour le geste, pour l’objet : verre à thé entouré d’un fil d’or que l’on tient, broderie que l’on contemple, feuille qui tourne au creux de la main. L’image d’un Iran écartelé entre tradition et modernité, dans lequel le regard et la pensée se perdent.

LE GOÛT ÂPRE DES KAKIS
DE ZOYÂ PIRZÂD
Traduit du persan (Iran) par Christophe Balaÿ, Zulma,
220 pages, 18

Le Matricule des Anges n°105 , juillet 2009.