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Dossier Colum McCann
L’espoir au fer rouge

novembre 2009 | Le Matricule des Anges n°108 | par Benoît Legemble

Un jour d’août 1974, à New York, Philippe Petit s’engage au-dessus du vide entre les deux tours jumelles. Tel est le point de départ de la dernière fiction de Colum McCann. On pourrait tout aussi bien parler de fil d’Ariane - d’un prétexte permettant de cristalliser dans un premier temps l’attention autour de la performance du funambule. À mesure que le lecteur regarde ce qu’il advient de l’artiste en hauteur, il prend conscience du poids de la gravité accablant les épaules de ceux qui sont à même le sol. Des êtres de chair et sang dont on comprend qu’ils révoquent la notion d’héroïsme et introduisent la crise au cœur du roman. À travers ces arpenteurs du vide, l’écrivain dresse le portrait d’une Amérique grimaçante déchirée par la guerre du Vietnam et la pauvreté. Il ausculte le corps malade d’un monde à l’agonie, rappelant ainsi certaines images d’Aurore boréale, de Drago Jancar. Dans cette œuvre, le personnage principal est victime d’hallucinations récurrentes. Il voit une balle « cousue de fil noir », métaphore d’une humanité à la dérive.
L’alternative proposée ici par McCann s’ancre dans une tradition romanesque magistralement rénovée sur le mode d’un désenchantement polyphonique. Il a d’abord fallu accoucher d’une multitude de voix aptes à retranscrire le désordre du monde. Des destinées singulières dont les parcours se recouperaient toutes de façon accidentelle, comme pour mieux signifier un lien indéfectible qui unit chacun des personnages tout en distinguant la singularité de leur itinéraire. Reviennent ainsi en mémoire Tillie et sa fille, Jazzlyn, toutes deux prostituées. Elles croiseront un ange gardien sur leur route : un certain Corrigan, dévot blessé en quête d’une foi perdue - en somme une « étoile de la miséricorde, plantée au-dessus d’un sac à merde qui porte le nom de monde » comme le dit si bien son propre frère. Le romancier choisit à travers eux de croiser les univers. En faisant cohabiter le prêtre et la putain dans son récit, il manifeste son refus de niveler ses perspectives. Son regard porte sur un horizon historiquement tronqué, dont il tente de restaurer l’étendue. McCann laisse à d’autres le soin de se placer dans le fauteuil du juge. Son but se double d’une volonté d’abolir la distance que certains écrivains placent vis-à-vis des individus qui peuplent leurs fictions. Il ne les regarde pas avec le recul du scientifique, tels des insectes sociaux passés au microscope. Aussi l’auteur du Chant du coyote s’échine-t-il à réfuter la froideur et prôner l’empathie. S’il n’omet pas de rester lucide, notamment en pointant du doigt l’inévitabilité du deuil et de la perte, le romancier capte également la part de lumière qui sert de ligne de fuite aux personnages : « malgré les vérités froides - la pourriture, la guerre et la misère - l’existence est capable d’offrir de minuscules beautés », déclare l’un d’eux.
Ce roman se reçoit comme un instantané qui saisirait autant de tranches de vie comme pour cristalliser...

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