La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Colum McCann
Politique de la lisière

novembre 2009 | Le Matricule des Anges n°108 | par Benoît Legemble

L’écrivain irlandais manie l’art du camouflage pour mieux dire l’expérience de l’altérité et le tragique de la condition humaine. Dans les méandres d’un monde chaotique et fangeux, McCann n’oublie pas de saisir la beauté là où elle se trouve : dans l’éphémère du quotidien et l’espoir d’une rédemption à venir.

Le rendez-vous est donné dans un charmant hôtel parisien du sixième arrondissement où l’auteur prend ses quartiers durant ses passages en France. Visiblement fatigué par le rythme des nombreuses rencontres qui lui sont consacrées à travers l’Hexagone, il ne souhaite pas pour autant ralentir la cadence. Soucieux de ceux qui l’entourent, le romancier s’avère plein de tact et de curiosité. Il s’interroge sur le rapport des Français à la littérature, parle pêle-mêle du succès surestimé de Houellebecq et de la mise en péril de la démocratie américaine au cours de la dernière décennie. La conversation s’oriente très vite sur les enjeux d’une œuvre tout entière vouée aux autres. Une humanité faite de souffrances et de joies que Colum McCann s’échine à sonder depuis bientôt quinze ans, à travers une prose située quelque part à mi-chemin entre obsécration et déréliction.

Votre nouvel ouvrage, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, a souvent été réduit dans la presse à une grille de lecture strictement politique et historique. En choisissant de placer le World Trade Center au cœur de votre roman, ne preniez-vous pas le risque d’une réception tronquée ?
Finalement, ça le réduit seulement si l’imagination du lecteur le réduit. Parce que lorsque vous placez les trois mots « World Trade Center » sur la page, cela apporte encore du sens, et - pourrais-je dire - une sensation sur la forme. Aucun autre événement n’a été autant photographié, résumé et glosé dans toute l’histoire du vingtième siècle. On a vu les images partout dans les médias. Chaque mouvement a été disséqué, montré en gros plan. Pourtant, il reste encore du sens à mettre sur tout ça.

Au fond, on pourrait aller jusqu’à dire que c’est aussi un roman sur la tyrannie de l’image.
Le jour où je suis allé au supermarché, le 11 septembre, il n’y avait soudainement plus de poudre aux yeux, plus de place pour l’artifice. Il n’y avait plus personne autour de moi. On ne voyait même plus de chiens errer dans les rues ou sur les ponts de Manhattan. Vous descendiez une deuxième fois pour voir, et rien n’avait changé. Toujours personne. Quand vous passiez votre doigt sur la fenêtre de l’appartement, vous n’y collectiez qu’un tas de cendres et de poussières. Toutes ces images appartiennent à chacun d’entre nous, chacun selon son propre ressenti, d’après l’expérience qu’il a vécu. Vous parlez de la tyrannie de l’image. Pour moi, en tant qu’écrivain, la tyrannie était de savoir comment créer quelque chose quand toutes les autres choses sont créées sur l’interprétation et la subjectivité. J’ai parlé de poussières toute à l’heure, mais ça aurait tout aussi bien pu être de la chair, des résidus humains. Ces images-là vous hantent pendant longtemps, après cela dépend ce que vous en faites. Comment créer quelque chose qui a un sens quand ces images ont un tel ancrage dans le réel et dans l’émotionnel ? Est-ce que c’est une question de temps, de recul, ou bien faut-il...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°108
6.50 €
LMDA PDF n°108
4.00 €