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Domaine étranger Perdu en chemin

mars 2010 | Le Matricule des Anges n°111 | par Sophie Deltin

Dans Refus de témoigner, paru en 1992 en Allemagne (Viviane Hamy, 1997), Ruth Klüger, née en 1931 à Vienne et déportée à 11 ans dans trois camps de concentration, revenait sur son enfance et ses années de jeunesse qui lui ont volé père et frère. Écrit depuis le rivage de la vieillesse, Perdu en chemin poursuit l’histoire de cette femme libre et intransigeante qui a toujours cherché à trouver une langue de vérité. Celle qui avec sa mère a émigré aux États-Unis quand elle avait 16 ans, y a néanmoins là encore connu l’exclusion, et dans le conservatisme délétère des années 50, le sentiment d’avoir à justifier son existence ne l’aura jamais quittée. Sur les mentalités rigides d’une société étriquée et hypocrite, qu’elle subit notamment dans un mariage malheureux, Ruth Klüger ne mâche pas ses mots, mais c’est surtout en revenant sur son parcours semé d’hostilités dans le milieu académique des universités américaines, où elle a repris ses études avant de devenir professeur de germanistique, qu’elle est la plus virulente. Car elle n’en démord pas, c’est bien d’une discrimination constante qu’elle se dit avoir été la victime, comme juive (on lui reprochera même d’afficher son matricule - celui-là même qu’un jour de son grand âge, elle décidera, non sans douleur, de se faire effacer) et comme femme (pendant longtemps elle ne signera ses articles que de ses seules initiales). Accusant volontiers, Ruth Klüger ne convainc pourtant jamais autant que quand elle règle ses comptes avec elle-même, avec un sens de l’humour et de l’honnêteté sans faille.
Le meilleur se tient aussi dans les poèmes qu’elle dépose entre les pages comme un filtre qui ferait remonter « la vase de son passé ». Des blessures qui resurgissent aussi à la faveur des lieux - sa Vienne natale à jamais « la ville de l’expulsion », et des êtres, Martin Walser l’ami perdu qui longtemps fut son seul lien avec le monde germanophone. « Les pertes s’accumulent, le monde devient glacial » écrit Ruth Klüger qui confie avoir pensé plus d’une fois au suicide. « Ce qui est perdu en chemin, c’est soi-même… il n’y a pas de nouveau départ, on ne fait que continuer, sur un chemin de plus en plus étroit. » Seule, au milieu de ses souvenirs et de ses fantômes.

PERDU EN CHEMIN
DE RUTH KLUGER
Traduit de l’allemand par Chantal Philippe, Viviane Hamy, 238 pages, 21

Perdu en chemin Par Sophie Deltin
Le Matricule des Anges n°111 , mars 2010.
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