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Histoire littéraire Vert Lane

octobre 2010 | Le Matricule des Anges n°117 | par Thierry Guinhut

La Vie dans les bois

Peut-être la conscience écologique est-elle née avec le romantisme. Mais c’est aux états-Unis que Thoreau publia en 1854 son célèbre Walden ou la vie dans les bois (que les éditions Le Mot et le reste rééditent par ailleurs dans une nouvelle traduction de Brice Matthieussent). Sait-on qu’il rendait ainsi hommage à un court texte d’un ami cher ? Dix ans plus tôt, Charles Lane avait en effet publié cet essai dans un journal transcendantaliste. Ce végétalien libertaire rêvait d’une « Union universelle » et de « famille associative ». Hélas cet anti-esclavagiste se montra fort despotique dans la communauté de « Fruitlands » qu’il fonda, avant d’aller vivre en Angleterre une respectable existence victorienne. Reste que son idéal d’équilibre entre civilisation et vie sauvage est une bien belle utopie ; quoique comme toutes les utopies, elles doivent rester une liberté pour quelques-uns et non devenir une tyrannie pour tous. Pour lui, la « vie de collectivité et de promiscuité » est un ennemi digne d’être éliminé par « un bras robuste armé d’une hache ». Ce qui ne place guère cet essai sous le signe de la tolérance, même si la polémique est talentueuse. Une « cité commerçante raffinée » ne vaut pas la nature sauvage. Et l’homme blanc ne vaut pas l’indigène. Charles Lane se livre à un parfait éloge des Indiens, de leur religion du « Grand Esprit », de leur nomadisme et de leurs tribus. Quant à « l’étudiant civilisé », il n’est rien devant « l’étudiant naturel ». L’auteur vise cependant à « rendre le travail manuel plus digne et plus noble, et l’éducation intellectuelle plus libre et plus aimante ». On est certes en droit de trouver notre essayiste pour le moins idéaliste, voire réactionnaire, il n’en reste pas moins que cet « homme des bois » tant vanté dont « chaque sens est intégralement préservé », témoigne d’un mode de vie associé à une nature qui, elle aussi, s’il ne s’agit pas de la diviniser aux dépens de l’homme, doit voir tous ses sens préservés.

T. Guinhut

La Vie dans les bois
Charles Lane
Traduit de l’anglais (états-Unis) par Thierry Gillybœuf
Finitude, 80 pages, 12

Vert Lane Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°117 , octobre 2010.
LMDA PDF n°117
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