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Domaine français Saigon la rouge

mars 2011 | Le Matricule des Anges n°121 | par Virginie Mailles Viard

Nous sommes en 1940, l’Indochine est française, la France est pétainiste. Elle laisse les Japonais avides d’en découdre avec les communistes Viêt Minh envahir l’Indochine. L’île devient un chaudron en ébullition où s’affrontent les aspirations matérialistes des colons français, soumis au régime de Vichy, les désirs d’indépendance des colonisés, et la menace nippone. Sur ce terrain miné avance un commissaire français, et c’est son récit, un concentré des dernières années de la présence française à Saigon, qui nous est conté. Homme de terrain, gaulliste, il se retrouve témoin désemparé de l’exécution d’une rebelle communiste. Une mue irréversible l’engage alors vers une résistance discrète contre le régime de Pétain, et le jette sur les traces de la jeune et belle trotskiste Phung. Personnage solitaire, jouant le jeu de la torture et des interrogatoires musclés pour tromper sa hiérarchie, il la poursuit dans les rues de Saigon, non pour l’arrêter, comme le réclament ses fonctions, mais pour la protéger. Phung devient le symbole vivant de sa révolte intérieure, et de l’Indochine en quête de liberté. Au bar du Continental où se prélassent les colons, semble se faire et se défaire l’avenir de Saigon. Mais ce lieu aussi est un leurre, la réalité demeure hors de ces murs. « Dans cet univers où tout le monde devait faire, penser et dire les mêmes choses, je tenais un cahier qui me servait de journal de guerre. C’était une singularité dissimulée, la seule possible sous un régime autoritaire. Il ne contenait que des titres, découpés dans une presse muselée, exprimant mes espérances et mes désespérances. »
Saigon la rouge est un huis clos beau et percutant, écrit dans une langue de l’urgence, tendu vers l’issue inexorable que sera la guerre d’Indochine. Saigon apparaît toujours comme à contre-jour, en attente d’une lueur salvatrice. Et ce sont dans ses rues, affublées de pompeux noms français, à la poursuite de la fantomatique Phung, que l’œuvre frôle sans cesse une dimension romanesque, entretient son désir, jusqu’au bout.

Virginie Mailles Viard

Saïgon la rouge
Jacques de Miribel
La Table ronde, 230 pages, 18

Le Matricule des Anges n°121 , mars 2011.
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