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Essais Le Pays des petites pluies

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

Le Pays des petites pluies

Ne pourrait-on pas, en prenant quelque liberté avec le dictionnaire, appeler déserteur celui qui, un peu comme le flâneur tout à sa flânerie, aime arpenter les déserts, ces contrées dont Théodore Monod disait qu’elles sont « tout à la fois mouvantes et immobiles » ? D’immuable et d’invisible il est question dans ce livre de Mary Austin (1868-1934) paru à l’origine en 1903 sous forme d’articles. Ce n’est pas le désert africain de Monod qu’on retrouve ici mais celui de l’Ouest américain. En une quinzaine de stations, elle en dessine les contours, tente d’en saisir l’essence profonde, cruauté et douceur mêlées, d’en cerner les paysages et la personnalité de ceux, hommes ou animaux, qui les peuplent. Du « puissant sentiment de mystère propre au désert », elle cherche à trouver sinon la source, du moins la manifestation. « Rien autant que cette longue terre brune n’exerce une telle emprise sur les affections », écrit-elle. C’est cette idée d’emprise que Mary Austin décrit dans des textes aux accents par moments méditatifs tant elle s’émerveille du génie des lieux. Dans son approche qui tient indéniablement du naturalisme, elle sait cependant introduire la littérature ; mettre non seulement des mots sur des images mais aussi des images dans les mots. Et c’est ainsi que s’animent sentiers et rivières, cours d’eau et corniches. Ainsi que vent, soleil, poussière et sable prennent peu à peu possession du lecteur.
Tout dans ces pages est donc affaire d’influence et de confluence, de rencontre et d’interférence. D’un spectacle quotidien, répétitif et saisissant, Mary Austin s’est fait la plaque sensible. D’où ses mots, tout à la fin, que seul peut tenir celui, ou celle, qui un jour a été pensionnaire du désert : « Venez donc, vous qui êtes obsédés par votre importance dans l’ordre des choses et qui ne possédez rien que vous n’ayez obtenu sans peiner, venez par les sombres vallées et les collines charnues jusqu’au pays des jours paisibles ».

Anthony Dufraisse

Le Pays des petites pluies
Mary Austin
Traduit de l’anglais (états-Unis) par François Specq
Le Mot et le reste, 142 pages, 16

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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