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Domaine étranger À l’ombre ivre du père

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122 | par Benoît Legemble

Récit d’une vie d’échecs, Le Dernier Stade de la soif de l’Américain Frederick Exley (1929-1992) cueille le mal par la racine. Une débâcle saisie à vif sans salut ni billet retour.

L’art d’Exley pourrait être résumé facilement. Il en va du style à l’œuvre dans Le Dernier Stade de la soif comme des génuflexions de son alter ego romanesque au milieu de saoulards hérétiques. Il s’agit d’y dire, le verbe haut placé, la fange en ce qu’elle a de plus vile et déshonorante. De la dire si possible à la première personne, car nous avons affaire ici à une autofiction à peine voilée. Le roman d’Exley, paru aux états-Unis en 1968, met forcément mal à l’aise. Les rapprochements avec Bukowski n’ont d’ailleurs sur ce point jamais suscité de polémiques. C’est que le spectacle qui se déroule dans ces pages est celui d’une pure autodestruction. Chaque étape de la vie de Freddy (appelons-le ainsi) est une lente descente aux enfers. Une succession d’angoisses et de crises cardiaques avortées. Chaque métier exercé, l’occasion d’une nouvelle humiliation. Pourtant, derrière cette trame d’une apparente simplicité, se cache un roman à tiroirs souvent complexe, acerbe et mordant. Personne n’est épargné, chez Exley. Précisément parce que son personnage est celui qui – tel Hamlet chez Shakespeare – demeure en équilibre sur le fil de la folie. Il peut donc tout se permettre. Quitte à affirmer un goût nettement prononcé pour la satire.
Le dernier opus publié par éditions Monsieur Toussaint Louverture est donc l’œuvre d’un entrepreneur de démolition que ne renierait pas Léon Bloy. Le lecteur assiste à l’itinéraire d’un joyeux fouteur de trouble – boit-sans-soif patenté dont la principale activité consiste à pointer du doigt, ça et là, l’absurdité du culte voué par les Américains à une réussite pourtant falsifiée dès l’origine. Par sa volonté de réhabiliter la légitimité de l’échec dans le processus d’apprentissage, notre enseignant suintant l’alcool bon marché voit très tôt s’envoler ses espoirs de promotion sociale. Lui reste alors la bouteille. Un palliatif promu au rang de moyen d’expression visant à réfuter l’hygiénisme moral ambiant. Les gens comme lui « n’avaient pas leur place dans l’Amérique d’aujourd’hui. Cette Amérique était ivre de beauté physique. » Bien plus encore, le pays était devenu à « l’image des jeunes mariés proprets et raisonnables au teint poupin de la réclame pour la bière Schlitz. » Donc un pays dans lequel même l’alcool n’était plus d’aucune aide.
Dans cet univers sans recours, Freddy n’a plus d’autre alternative que de provoquer sa chute, d’une façon lente et inexorable. Pourtant, Exley ne s’épargne pas. Son goût pour les personnages faibles le pousse à établir son propre archétype déliquescent et dégénéré. Dans la peinture de vanités qu’il élabore au gré des rencontres, il n’oublie pas d’accorder la palme de la bassesse à son personnage. Ainsi en va-t-il du nihilisme suranné et artificiel qu’il façonne, évoqué non plus selon l’angle d’une posture narcissique – d’un confinement loin des masses – mais d’après l’évocation pleurnicharde d’un bonheur dont Exley s’est exclu. Il se veut chroniqueur de...

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