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Dossier Robert Walser
Au temps présent

novembre 2012 | Le Matricule des Anges n°138 | par Emmanuel Laugier

L’infatigable marcheur que fut Robert Walser se double de l’homme appliqué à son bureau écrivant à « n’importe qui »… Mais de l’une à l’autre expérience, se figure une endurance à être soi dans laquelle l’écrivain y affirme son ironie, sa nonchalance et tout son regard sur son temps.

Certaines des phrases qu’écrit Robert Walser dans sa correspondance pourraient constituer à bien des égards les perles dispersées de ses proses, les amorces de ses micro-récits. L’air de rien, amusées d’elles-mêmes, elles prennent la forme d’assertions, parfois de sentences, mais toujours nous apparaissent-elles sous le jour d’une vitalité sans pareille, vertement assénées autant que verdoyantes jusqu’à la douceur qu’elles ont de se ployer et de prendre congé de nous. La phrase de Walser peut aussi bien décrire, selon le trouble que l’écrivain maintient entre l’imagination du monde et ses données sensibles, un simple état, que l’émotion d’un paysage, ou le banal geste de mettre « le chapeau » comme il est question au début du fameux récit La Promenade (1917). Une sorte de laisser-aller semble s’y précipiter, « qui manifeste toutes les formes de la grâce jusqu’à l’amertume écrit Walter Benjamin en 1929. Ces histoires sont d’une délicatesse tout à fait inhabituelle, cela, chacun le comprend. Ce que tous ne voient pas, c’est qu’elles renferment non pas la tension nerveuse d’une vie décadente, mais l’atmosphère pure et alerte de la convalescence. »
Cette expérience-là, Peter Utz, professeur à l’Université de Lausanne, éditeur notamment des écrits micrographiques de Walser (Territoire du crayon), et auteur de Robert Walser : Danser dans les marges (éd. Zoé), en parle comme une forme de puissance souveraine. Il revient sur le trajet de celui qui confia en 1944 avoir cessé d’écrire et être « presque devenu un fossile » car son « monde fut mis en pièces par le nazisme ».

Peter Utz, à travers le choix de 266 lettres parmi celles retrouvées de Robert Walser, il ressort assez vite l’idée de sa très grande dextérité épistolaire. D’où vient cette énergie ?
Walser a mené pendant de longues périodes une vie de solitaire, volontairement ou non, et la majorité des lettres que nous connaissons sont issues de ces années-là. Preuve par le contraire sont les années de Berlin, où, au milieu de l’effervescence culturelle mondaine, il n’a laissé que très peu de lettres. Pendant les périodes à Bienne et à Berne, sa position quelque peu marginale face au marché littéraire de son temps l’oblige de communiquer avec les rédactions et les éditeurs à distance. Rien d’étonnant qu’il a alors dû affiner ses armes épistolaires. Mais au-delà, elles lui servent de rompre sa solitude. Dans sa correspondance privée, les lettres deviennent des fenêtres qui s’ouvrent vers le monde et vers autrui. Et c’est lui qui donne le ton, qui règle les intervalles, la direction et le degré d’ouverture. Certes, il se laisse aller vers l’autre, une fois la démarche lancée. Mais il peut être assuré qu’elle ne sera pas illimitée ; le papier sera plein et la lettre aura une fin. Symptomatiques, l’immense variété des formules de clôture qui lui permettent alors de refermer la fenêtre et de tirer les rideaux.
Le souci de ne pas perdre le contact avec le monde, source...

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