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Histoire littéraire La Mort de Balzac

janvier 2013 | Le Matricule des Anges n°139

La Mort de Balzac

À l’origine, ce petit texte figurait dans un récit d’Octave Mirbeau (1848-1917) intitulé La 628-E8 (plaque minéralogique de sa voiture). Mais au moment de sa publication en 1907, la fille de madame Hanska lui demanda de supprimer ces pages qui salissaient la mémoire de sa mère, laquelle avait été le grand amour de Balzac.
Il est vrai que ce portrait n’a rien de flatteur pour celle que Balzac eut à peine le temps d’épouser. On l’y voit pratiquer la bagatelle avec son amant, le peintre Jean Gigoux, cependant que Balzac agonise, seul dans la pièce voisine. Mais il n’a rien non plus de très valorisant pour Mirbeau. Il a beau ouvrir ce texte par un incipit prometteur : « J’adore Balzac », quelques pages plus loin il a ces mots dignes d’un rival blessé : « la nature l’avait parcimonieusement armé pour l’amour » (l’on a tout de même un peu honte pour Mirbeau, car c’est un mort qu’il assassine). Et comble de malchance pour l’auteur de la Comédie humaine, peu après son décès son cadavre empeste déjà, et les mouleurs ne parviennent pas à mouler son visage mortuaire, dont la décomposition a été trop rapide. On se demande quel besoin pouvait avoir Mirbeau de coucher tout cela par écrit.
Naturellement, l’auteur de ces pages avait prévu jusqu’à sa propre défense. À ses éventuels détracteurs, il répond par anticipation que ce qui intéresse tout le monde chez un grand homme ce sont « ses faiblesses, ses ridicules, ses hontes, ses crimes ». Autrement dit : ce qui le rend un peu plus humain, et donc moins génie. Mais c’est regarder le génie par le petit bout de la lorgnette, ce dont on peut toujours se passer.
Tout cela a beau être diablement écrit, cet opuscule demeure d’un intérêt limité. On y retrouve ce que l’on savait déjà (la formidable capacité de Balzac à produire), et l’on y découvre ce que l’on n’avait nul besoin de savoir. Piètre consolation : on y apprend que les gens de lettres sont aussi capables de ce genre d’abjections.

Didier Garcia

La Mort de Balzac
Octave Mirbeau
L’Herne, 96 pages, 9,50

Le Matricule des Anges n°139 , janvier 2013.
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