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Domaine français Le grand passage

juillet 2013 | Le Matricule des Anges n°145 | par Martine Laval

Le Milieu de l’horizon

Il y a la vie, ce hasard qui vous fait naître à une époque, dans un lieu, une famille. Il y a cette destinée qui empêtre les corps et les esprits, jusqu’à l’étouffement. Et puis il y a les rêves, d’évasion, de plénitude, de libération, d’amour, des rêves de quatre sous mais bien trop immenses pour pouvoir les nommer, surtout quand on a 13 ans. « J’aurais voulu toujours vivre dans un dessin » dit le narrateur. Le gamin courageux, aussi effrayé qu’avide, assiste au basculement de son univers, et se cherche un abri, une protection, une tendresse. Passage de l’enfance à l’âge adulte, mutation de la ferme familiale, ravage de l’industrialisation en marche, perte d’un savoir faire, d’un savoir vivre, course vers un monde inconnu et inéluctable. En cette fin des années soixante-dix, juin s’étire sans fin dans ce bout du pays vaudois. La canicule dessèche la terre et fissure les cœurs. Tout semble stagner, tout change irrémédiablement. Le Milieu de l’horizon est un texte rare, d’ambiances éthérées, d’images impressionnistes, une sorte de poésie qui vient de la nature, qui surgit du réel. La narration s’achemine en souplesse, portée par une langue qui marrie les contraires, dureté et somptuosité. Roland Buti pose sur cette époque disparue une pudeur prodigieuse, des élans d’affection, tout en imposant un regard inédit, insolite sur la fin d’un monde. Chez lui tout a même valeur. La nature évidemment, omniprésente, qui semble se rebeller ; les gens – trop vivants pour les nommer personnages, le grand-père prêt à tirer sa révérence, le père qui veut se prouver qu’il est un homme de son temps, la mère qui ne veut plus de cette existence, la sœur qui prend son envol, le garçon de ferme, un innocent qui se révèle plein de sagesse, le narrateur si attentif, si sensible, et sur qui repose la lourde charge de dire le chamboulement des relations, les gerçures du clan. Et puis les animaux. Traités avec bienveillance par l’écriture, ils émergent chacun dans leur rôle symbolique. Ils font partie de la famille, du destin. Une colombe rescapée, un chien affectueux, une jument résignée qui décide de mourir seule, debout et dehors…
On sort rincé et ravi de ce récit plein comme un fruit mûr, gorgé de soleil, de sensualité, et de générosité. Comme un cadeau, un ultime égard envers ceux que l’on aime.

Martine Laval

Le Milieu de l’horizon
Roland Buti
Zoé, 188 pages, 18

Le grand passage Par Martine Laval
Le Matricule des Anges n°145 , juillet 2013.
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