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Domaine étranger Le Songe de Borges

juillet 2013 | Le Matricule des Anges n°145 | par Thierry Guinhut

Il faut un culot monstre pour emprunter la voix de l’immense Jorge Luis Borges. Et pourtant l’Espagnole Blanca Riestra (née en 1970) l’a fait. Et non sans brio. On connaît la cécité du maître, les jeunes lecteurs qu’il convia près de son oreille (dont Alberto Manguel). Il faut supposer ici que ce secrétaire de fiction est un de leurs avatars, attentif à l’imaginaire testamentaire de l’auteur de La Bibliothèque de Babel
C’est donc à la veille de sa mort que ce dernier convie un jeune homme pauvre, pour « la transcription d’un rêve », « une indigestion de chimères ». Mais c’est d’un conte, ou d’un « roman » qu’il s’agit, avec un vieux fossoyeur d’un cimetière juif de Prague, qui raconte sa jeunesse, -autour de l’an 1609. Il y connut le roi Rodolphe, intrigua pour le tuer, tandis que des péripéties farouches, « des choses terrifiantes, indicibles », mais aussi un zeste d’amour en « Venusberg », se tramaient autour d’un manuscrit censé totaliser l’univers, mais peut-être faux…
Les emprunts à la culture du début du XVIIe siècle résonnent : on y découvre une belle crucifiée, John Dee et un « manuscrit alpha » les astronomes Kepler et Galilée, un « astrologue » nommé Tycho Brahé, le jésuite Athanasius Kircher, un Marlowe qui est peut-être Shakespeare. Les vertiges de l’identité tournoient parmi « le sacré et l’infâme ». Évidemment, il s’agit de thèmes chers à Borges tel qu’en lui-même : crime et mélancolie, le retour du Golem, l’aleph, une structure labyrinthique… Mais loin de l’imitation servile, Blanca Riestra réussit son pari : laisser imaginer au lecteur que Borges se serait converti au genre inusité pour lui du roman. Cette mise en abyme, ce récit historique, fantastique et métaphysique serait-il un écrit posthume, un roman volé, une sorte de réincarnation… Salmigondis de motifs borgésiens ? Plutôt un pastiche réussi.

Thierry Guinhut

Le Songe de Borges
Blanca Riestra
Traduit de l’espagnol par Aline Janquart-Thibault
Orbis tertius, 300 pages, 19,90

Le Matricule des Anges n°145 , juillet 2013.
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