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Domaine étranger Thèse sur un homicide

octobre 2013 | Le Matricule des Anges n°147 | par Chloé Brendlé

Quinze. Quinze avocats, presque tous jeunes. Un bon chiffre, le quinze, ça me va. Pour le moment, aucun n’est arrivé. Ils vont être surpris en entrant (…). Entrer et constater que le professeur est déjà là, à attendre ses étudiants, cela m’aurait plu, à moi, lorsque j’étudiais ».
Seize chapitres, huit heures de cours de droit d’un professeur émérite et à cheval sur la morale, huit temps d’échafaudage (et d’écroulement) d’un crime par un de ses élèves les plus attentifs, alternance des deux points de vue, pas de temps mort : Thèse sur un homicide est la mise en place très précise et très explicite d’une bombe narrative à retardement, d’un duel entre deux personnalités dont la volonté, identique, consiste à vouloir faire triompher une vision de la justice, quitte à violer un peu la réalité qui les entoure. Ou comment deux egos se rencontrent dans le noir, celui des salles obscures et des cogitations solitaires. Quasi-huis clos implacable, dont on devrait bientôt (en 2014) voir sur nos écrans l’adaptation avec le célèbre Ricardo Darín.
L’auteur argentin Diego Paszkowski fait dans l’efficace et pas toujours dans la finesse. Dans son exploration de la relation entre maître et élève, s’invitent un certain nombre de poncifs, dont l’image du ponte imbu de lui-même, quitté par sa femme et accroc au whisky J&B plus de dix ans d’âge, et celle du novice froid et présomptueux ne sont pas les moindres. Quant aux femmes, elles sont d’étranges seconds couteaux, entre fantasme cinématographique (c’est l’intrigant retour de Juliette Lewis), victime, et tortionnaire malgré elle. On reste scotchés cependant par l’extrême limpidité du récit, scénario impeccable, son art de croquer en quelques traits des scènes quotidiennes et de faire surgir une salle de cours de Buenos Aires ou le pont des Arts à Paris, son écriture « addictive » qui colle aussi bien au caractère obsessionnel du fort en thème qui croit faire la preuve par son crime d’une démonstration brillante qu’à la lassitude encore bien vivace du professeur qui ne supporte pas de se voir voler la vedette et à qui on ne la fait pas.

Chloé Brendlé

Thèse sur un homicide, de Diego Paszkowski
Traduit de l’argentin par Delphine Valentin
La dernière goutte, 206 pages, 18

Le Matricule des Anges n°147 , octobre 2013.
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