La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poches Joe

mars 2014 | Le Matricule des Anges n°151 | par Lionel Destremau

La littérature américaine dite « White trash » regorge de grands noms et de romans coup de poing qui ne laissent jamais indifférents. Soit donc des univers narratifs qui mettent en scène la pauvreté blanche, assimilée à une sorte de déchet – des hommes et femmes qui survivent, dans les marges des États-Unis, le Sud principalement – depuis Erskine Caldwell, en passant par Harry Crews, Daniel Woodrell et jusqu’à Russell Banks. Décédé en 2004, Larry Brown fait partie de ces auteurs incontournables qui se sont attachés à ces personnages bourrus, au bord de la rupture, tous plus ou moins alcooliques, naviguant dans des Pick-up rafistolés, une glacière pleine de bières à portée de main. Joe Ransom, la cinquantaine, en est un bel exemple. Divorcé, il vit seul, avec son chien, dans une vieille baraque dans le nord du Mississippi. Il a fait un peu de taule, comme tout le monde ou presque, et exploite des journaliers, noirs pour l’essentiel, qu’il récupère pour les emmener sur leur lieu de travail. Il croise le chemin d’un gamin, Gary, qui croit avoir 15 ans mais n’en est pas sûr. Ce dernier appartient à une famille de vagabonds, un père malsain et violent, une mère à moitié dingue, des sœurs qui n’ont connu, comme lui, que la route, la faim, et un horizon définitivement bouché. Le tableau n’est pas reluisant, on n’est pourtant pas dans les années 30 mais bien dans l’Amérique d’aujourd’hui, celle où un blanc qui vit dans la crasse et la misère est considéré comme une « raclure » sociale… Joe le paumé va bizarrement prendre Gary sous son aile, endosser le rôle d’une sorte de père de substitution. Mais, comme dans Père et fils (autre livre de Brown qu’on espère voir reparaître bientôt), cette paternité n’est pas réfléchie, elle se crée, existe avec force et, dans le même temps, avec une forme de lassitude, de sincérité et de dureté mêlées, inhérentes à la cruauté du monde dans lequel ces hommes évoluent. Secouant le lecteur, le touchant quand il faut, lisez, relisez Larry Brown, du pur joyaux de roman noir.

Lionel Destremau

Joe
Larry Brown
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lili Sztajn
Gallmeister, « Totem », 336 pages, 10

Le Matricule des Anges n°151 , mars 2014.
LMDA PDF n°151
4,00 €