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Événement & Grand Fonds Appel aux âmes

mai 2014 | Le Matricule des Anges n°153 | par Sophie Deltin

Sortis directement de l’enfer de 14-18, l’un censuré, l’autre publié en clandestinité, deux pamphlets féroces et hallucinés, celui de l’Allemand Fritz von Unruh et celui de l’Austro-hongrois Andreas Latzko, pour dénoncer la folie de la guerre.

Hommes en guerre

Parmi les nombreux récits qui ont essayé de transmettre l’ampleur et la violence sans précédent que représenta la Grande Guerre de 14-18, seuls quelques rares écrivains, du côté allemand, ont réussi à transcender le témoignage, à transfigurer leur expérience, à créer une langue littéraire de chair et de sang. Encore plus rares furent ceux qui au cœur du carnage se sont dressés avec courage pour condamner son absurdité, sa monstruosité. Bien avant Erich Maria Remarque et son roman pacifiste consacré par la postérité (A l’Ouest, rien de nouveau, 1929), les injustement méconnus Andreas Latzko (1876-1943) et Fritz von Unruh (1885-1970) font partie de ces écrivains combattants qui au plus âpre des conflits ont conçu deux œuvres essentielles, profondes et valables pour tous les temps. Deux réquisitoires implacables, deux cris poignants contre cet assassinat de masse qu’est la guerre « totale », cette catastrophe qui défait le monde et pulvérise les existences.
À lire les premières pages du Chemin du sacrifice [Opfergang], le lecteur est frappé par l’étrangeté poétique et la puissance de ce texte initialement écrit à l’été 1916. Les personnages – une poignée de soldats engagés sur le chemin de souffrances qui les mène vers la prise d’assaut de Verdun – ne sont pas systématiquement nommés mais plus souvent désignés par leur fonction militaire : le Tambour, le Serveur, le Vicaire, le Volontaire. En cela moins des personnages que des types, ils fonctionnent comme des sondes plongées dans le ventre de la guerre, chacun incarnant un point de vue, un destin singulier. Les protagonistes parlent depuis le tréfonds de leur conscience – et plus que des paroles, ce sont des cris, des chants, des prières, des poèmes que l’on entend. Ils échangent aussi, fraternisent, débattent dans des dialogues dont la fréquence dans le texte rappelle les succès au théâtre rencontrés par son auteur comme dramaturge – que viendra d’ailleurs couronner le prix Kleist en 1915. Plus fondamentalement, la langue chez Unruh accède au rang de vision, de tableau, au point d’imaginer qu’en peinture, cette vision pourrait emprunter la forme du retable à plusieurs panneaux, quatre comme les chapitres qui séquencent en un tempo tragique ce texte aux forts accents religieux : « L’approche », « La tranchée », « L’assaut » et « Le sacrifice ».

Ces « phrases enflées et rutilantes » finissent par détraquer les mots et les choses.

Chargé par l’état-major allemand de rédiger une chronique de la bataille qui s’annonçait, Fritz von Unruh, fils d’un général de très vieille noblesse, éduqué au métier des armes au côté d’un des fils de Guillaume II, était donc censé écrire un vibrant plaidoyer belliciste, qui exalte les combats et salue leur violence régénératrice. Son expérience de guerre comme uhlan devait pourtant bouleverser cette vision des choses. De fait, le texte tombe aussitôt sous le coup de la censure et c’est finalement une version remaniée car délestée de...

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