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Domaine français La marche à deux

juillet 2014 | Le Matricule des Anges n°155

L' Homme qui marchait avec moi

Dédié à son ami Jean-Michel Loustaunou, le nouveau livre de Claude Margat n’est pas un roman. Il est à la fois un livre de deuil, mais sans effusion, un livre de souvenirs, mais sans nostalgie, un geste fraternel d’un vivant vers un mort. L’Homme qui marchait avec moi raconte quarante ans d’une amitié peu commune. L’auteur, en rupture de ban avec la société rencontre dans sa petite ville un professeur de dessin dans le secondaire et ensemble ils vont marcher dans cet espace ouvert des marais autour de Rochefort-sur-Mer. Rituel immuable ponctué de discussions, de lectures, de réflexions philosophiques et, surtout, d’une observation contemplative de la nature. Les deux s’épaulent dans un refus de ce que la société des Trente Glorieuses est en train de produire. L’auteur peint et écrit. Le professeur enseigne et guide son ami dans sa réflexion sur l’art. Ils sont hors du monde, c’est-à-dire au cœur du monde. Mais alors que le narrateur fuit tout attachement (y compris l’amour dont il n’est pas dupe), le professeur s’y laisse prendre : il enseigne plutôt que de faire ce que l’artiste en lui réclame de faire, parce qu’il a une famille à nourrir. Il plonge dans un amour illicite (avec une de ses élèves) et se consume dans la clandestinité. Mais l’essence du livre n’est pas dans le récit de cette amitié, de la chute annoncée. Tout le livre tient dans cet art de vivre (et de penser) que l’écriture érige face à ce qui nie la vie. Une attention aux paysages, aux arbres, aux traces, une quête perpétuelle de l’harmonie, une éthique de la fraternité : le livre fait attendre ça qu’on n’entend plus guère ailleurs. Une sagesse, en quelque sorte, mais avec les poings serrés de la révolte. Et un chant à la vie, l’ancestrale vie à quoi on appartient avant, pendant et après notre existence. Pour dire cela, Claude Margat use avec humilité d’une langue qui sait d’où elle vient : « De la vie en somme, nous ne connaîtrions que le fantôme, tandis que la langue toujours prompte à colmater l’inguérissable blessure du manque ferait le reste. La langue, la buée qui sert de combustible au monologue des fous. »
Au final, ce livre-là se révèle être un viatique efficace : le monde s’ouvre en nous.

L’Homme qui marchait avec moi,
de Claude Margat
La Différence, 141 pages, 16

La marche à deux
Le Matricule des Anges n°155 , juillet 2014.
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