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Domaine étranger Fat City

avril 2015 | Le Matricule des Anges n°162 | par Valérie Nigdélian

Stockton, Californie, fin des années 1960. Une ville de 80 000 habitants, parmi les plus pauvres des États-Unis. Depuis un an et demi que sa femme l’a quitté, Billy Tully erre d’hôtel en hôtel, de petit boulot en petit boulot. Rêve de sa gloriole passée de champion de boxe local, et d’un improbable retour sur le ring vu sa tendance à user et abuser du whisky. À peine 29 ans, et déjà le sentiment d’être fini.
La courbe descendante de l’un croise les espoirs tout juste naissants de l’autre : pour le jeune Ernie Munger, comme pour Tully et tant d’autres avant lui, quoi de mieux en effet que les gants pour échapper à « l’horizon étroit » que lui offre une petite vie bien rangée, coincé qu’il est entre la station-service où il travaille et le mariage auquel il est condamné ? Quelques prédispositions à l’esquive et quelques coups habilement portés le transforment en graine de vainqueur – et en « chair à boxer » pour son entraîneur.
Écrit en 1969 et adapté au cinéma par John Huston en 1972, aujourd’hui réédité chez Tristram, ce seul et unique roman de Leonard Gardner – lui-même un temps boxeur amateur – raconte ce prolétariat de la boxe sans talent ni destin, avec ses gueules cassées et ses corps déglingués. En argot noir américain, dire de quelqu’un qu’il est à Fat City, c’est signifier que tout roule pour lui : c’est vers ce mirage fragile (« Si j’ai le combat, j’aurai de l’argent. Si j’ai de l’argent, j’aurai la femme. ») que tous tendent, jouant des poings pour tenter de devenir quelqu’un, ou simplement survivre. Mais le combat est perdu d’avance : malgré quelques lumières éphémères et les éternels mensonges que l’on se fait à soi-même, tout s’achève dans « un gouffre noir et insondable », celui des solitudes mêlées et laissées au bord de la route, dans la grande nuit de la misère sociale et de l’échec promise aux vaincus.

Valérie Nigdélian-Fabre

Fat City
Leonard Gardner
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Girard
Tristram, « Souple », 224 pages, 8,95 

Le Matricule des Anges n°162 , avril 2015.
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