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Poésie Document (1966-1973)

avril 2015 | Le Matricule des Anges n°162 | par Christine Plantec

Document (1966-1973)

L’écrit qui en moi est fou répond / à toute cette douleur avec des paroles toujours / je l’espère toujours vraies ». Ainsi est la poète italienne Amelia Rosselli (1930-1996) : mue par un idéal d’authenticité, elle explore la voie ténue de l’exigence. Inféodée à aucune langue, son écriture en donne à voir la diffraction vertigineuse. Document en est la preuve en 175 poèmes.
La vie d’Amelia Rosselli, née à Paris, embrasse le destin d’une enfant de la Seconde Guerre mondiale et de ce que cette période imposa aux réfugiés d’Europe. Suite à l’assassinat de son père, abattu en 1937 pour activités antifascistes par la Cagoule à Bagnoles-de-l’Orne, elle part vivre à Londres, en Suisse avec sa mère anglaise, puis aux États-Unis. Si la musique est son premier medium, elle se consacrera à la poésie à partir de 1952. Mais ses « pièces poétiques », dit-elle, emprunteront à la musique sa métrique tout autant que sa dimension universelle et apatride.
La langue rossellienne, plurilingue, distordue, balbutiante, « ouvrière », torturée, pétrie d’inventions, semble mimer les mouvements d’une existence chaotique et maladive faite d’élans passionnels, de désenchantements, de clairvoyance ironique aussi. Et même si de tous ses opus (Variations de Guerre, La Libellule) Document est, linguistiquement, la proposition la moins transgressive, « l’abondance créative est à son comble (…) Le silence grandit avec le bruit des voix intérieures » (postface de Rodolphe Gauthier) tout autant qu’il montre combien la révolte d’Amelia Rosselli est intacte. « Quelle action choisir, prévoir, hériter ? / Un morceau de pain pour chien sans muselière / est mieux qu’écrire en vers blancs de jets lacrymogènes ». Son ami Pasolini n’aurait pas pu mieux le dire qu’Amelia lorsqu’en une autre question elle formule : « dans la pauvreté devenue désormais chenil horrible / (…) / et si maintenant tu disais / ce qui non convenablement se dit / en poésie ? »

Christine Plantec

Document (1966-1973)
Amelia Rosselli
Traduit de l’italien par Rodolphe Gauthier
La Barque, 312 pages, 25

Le Matricule des Anges n°162 , avril 2015.
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