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Domaine français Prises de vie

juin 2015 | Le Matricule des Anges n°164

Ressentir les images, c’est le quotidien d’Amaury da Cunha. Et ce mot, quotidien, peut s’entendre à plusieurs titres. Aux lecteurs du Monde ce nom n’est pas totalement inconnu en effet. Ce presque quadra travaille au service photo du journal. Mais il écrit aussi, preuve en est ce recueil de fragments, de brèves notations, sous-titré « petites histoires de photographies ». Quelle motivation anime ici celui qui dit photographier pour « faire entrer de la vie dans l’objectif »  ? Dire comment on vit les images, comment elles vivent en nous, malgré nous parfois ; comment elles nous traversent et nous travaillent. Comment, souvent, elles nous bouleversent au plus profond. Dans ces pages, Amaury da Cunha a laissé son boîtier de côté. Hormis le cliché de couverture, les images sont parlées, racontées, jamais montrées. Et cette absence, paradoxalement, se révèle féconde. Révélation, terme chargé de sens photographique, qui nous emmène du côté de la vie privée de l’auteur tout autant que du monde comme il va. Et du côté de la mort aussi, qui se devine, à l’œuvre sous le papier glacé. « Car quiconque a une expérience intime et prolongée avec la photographie a bien compris qu’elle était (…) comme un présage de la mort ».
Note après note, Amaury da Cunha laisse donc libre cours à ses réflexions personnelles de photographe professionnel. Il médite aussi celles qu’il rencontre chez certains de ses confrères ou chez d’autres créateurs, écrivains ou cinéastes. Au gré des images extérieures qui lui passent entre les mains ou de celles, plus intimes, qui sont inscrites sur sa rétine mentale, il écrit sur ce qui l’habite et, parfois, le hante. L’évocation de son frère disparu est particulièrement poignante. « Voleur d’instants, d’objets, de passants, de nuages », le photographe rappelle à quel point toute prise de vue est une prise de vie. Un prélèvement du réel, une extraction du temps. À le lire, on devine aussi l’obsession liée à la pratique photographique. L’œil toujours à l’affût, le preneur d’images, comme qui dirait preneur de sons, guette ce moment à fixer qui deviendra instantanément souvenir une fois mis en boîte.

Anthony Dufraisse

Fond de l’œil
Amaury da Cunha
Le Rouergue, « La Brune », 124 pages, 12,50

Prises de vie
Le Matricule des Anges n°164 , juin 2015.
LMDA PDF n°164
4.00 €