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Dossier David Foster Wallace
Une nouvelle sincérité

septembre 2015 | Le Matricule des Anges n°166

Si David Foster Wallace n’est pas encore devenu en France un grand nom de la littérature américaine, comme Paul Auster ou Toni Morrison, c’est qu’il manquait depuis vingt ans la traduction de son grand œuvre, Infinite Jest, sans lequel ses autres livres ont peu de sens. Toutes proportions gardées, c’est comme si tout Tolstoï était accessible hormis Guerre et Paix, ou l’ensemble des livres écrits par Joyce sauf Ulysse. Impossible alors de comprendre l’engouement dont bénéficiait déjà l’écrivain bien avant son suicide en 2008 et qui, depuis lors, s’est transformé en véritable frénésie. Son premier biographe, D. T. Max, remarquait à juste titre qu’il avait rarement connu un auteur capable de produire des phrases que ses lecteurs iraient jusqu’à se faire tatouer sur le corps. Seules les rock stars provoquent ce genre de fanatisme et Wallace pouvait en avoir l’étoffe avec son air perpétuellement négligé, son bandana dans les cheveux qui, disait-il, empêchait sa tête d’exploser, ses excès, sa profonde dépression, ses internements, sa mort prématurée par pendaison mais aussi sa superbe intelligence et ses talents de romancier, essayiste, philosophe et, quand il était plus jeune, joueur de tennis. Don DeLillo ne s’y est pas trompé lors de l’hommage funèbre rendu juste après sa mort par une communauté littéraire éplorée : Wallace était « une fusée à trois étages lancée vers le futur », « égale au vaste mouvement, étourdissant et bavard de la culture contemporaine ».
Contrairement à ses pères postmodernes, Robert Coover, John Barth, William Gass ou Thomas Pynchon auxquels on l’a souvent comparé, Wallace affichait pourtant une nouvelle ambition. Le postmodernisme était pour lui dans une impasse car il avait érigé l’ironie en règle, ce qu’il nomme « la sape ricanante et branchée  » du monde médiatique contemporain. Ce qui semblait rebelle hier faisait aujourd’hui loi : Yorick, le fou du roi – qu’Hamlet reconnaît comme « a fellow of infinite jest » –, est monté sur le trône. Wallace comparait aussi sa génération à une fête adolescente lancée en l’absence des parents le week-end, à un grand désordre dans la maison, mais que personne ne viendrait jamais sommer de ranger car… il n’y a plus de parents ! Une humanité orpheline en quelque sorte.
Comme son grand ami Jonathan Franzen (leur correspondance est en cours d’édition), Wallace voulait donc corriger les travers antérieurs. Franzen allait réintroduire du réalisme et de la lisibilité dans un roman devenu parfois trop hermétique à force de jeux métafictionnels et d’expérimentation formelle. Wallace allait « illuminer » voire « sauver l’humanité », au sein même d’un roman à système complexe. Il a fondé ce qu’on appelle aujourd’hui « la nouvelle sincérité » dans les lettres américaines. DeLillo a ainsi qualifié Infinite Jest de « batifolage très sérieux d’une humanité dépendante et droguée ». Ironie du sort : celui qui a longtemps voulu tuer ses modèles pour la plupart toujours vivant et écrivant,...

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