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Domaine français En-dehors

octobre 2015 | Le Matricule des Anges n°167 | par Christine Plantec

Une année à la prison de la Santé… à enseigner la littérature à des détenus. En-dehors, deuxième livre d’Angela Lugrin, en est le récit ; à savoir la restitution d’une expérience pédagogique qui se meut en aventure humaine. « Je voudrais juste (lui) faire entendre derrière l’hystérie, ou les illusions névrotiques, la musique infime et essentielle qui se joue dans ma salle de classe  » précise la narratrice dans une discussion avec son frère. Le Cid de Corneille, Les Liaisons dangereuses de Laclos – les œuvres imposées du programme – seront autant des viatiques qu’un moyen détourné pour parler de soi et faire place à l’autre. « Devenir lecteur c’est, un temps, se débarrasser du corps, du présent et de tout le fourbi, et néanmoins arpenter la garrigue, comme un fou ».
Néanmoins l’exigence que tente de transmettre A. Lugrin réveille en elle des résistances vis-à-vis d’une « méthode » (celle de l’analyse littéraire) qu’elle est censée transmettre. Comment prôner l’émancipation par la littérature dans le même temps où l’institution scolaire en impose les règles ? La prison comme l’hôpital (son père était psychiatre) comme l’école n’ont-ils pas vocation à faire de l’homme « un animal prévisible » (Foucault) ? Ainsi la narratrice remarque-t-elle, intriguée et soulagée, que les détenus ont cette manière particulière de marcher, cette légère claudication, qui dit le refus d’une mécanique.
En permanence, la centaine de petits blocs de prose est travaillée par un mouvement pendulaire entre dedans et dehors. L’intérieur de la prison aujourd’hui, sa sauvagerie, sa déliquescence, le magnétisme de ses « taulards  » dont « la beauté est comme celle des fous, elle vous prend à la gorge, vous saute à la gueule » et l’extérieur de la prison, les doutes, les fatigues, les réminiscences de la narratrice, sa difficulté à « se réhabituer au soleil  » y dessinent les contours et la substance d’une traversée humble et lumineuse.
Christine Plantec

En-dehors Par Christine Plantec
Le Matricule des Anges n°167 , octobre 2015.
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