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Dossier Jack London
Cher Jack,

juillet 2016 | Le Matricule des Anges n°175

Il a fallu que j’attende d’avoir quarante ans pour me rendre compte que j’avais les mêmes initiales que toi (un ami facétieux n’a pas manqué de me signaler que J.L, ça pouvait être Jeannot Lapin aussi, ou des tas d’autres moins drôles, mais j’ai été atteint à cet instant d’une brutale crise de surdité !). Quarante ans, l’âge auquel tu es mort, nous laissant une quantité ahurissante de romans, nouvelles, essais, articles, et le souvenir d’une vie de périples comme de combats, ainsi pour cette cause socialiste en laquelle tu croyais tant, à une époque où elle avait une vraie signification, où sa défense représentait un acte de courage.
Le tutoiement m’est venu naturellement, alors que pareille idée ne m’effleurerait pas pour m’adresser à Stevenson, Hemingway ou encore Conrad. Et d’ailleurs, je ne saurais pas bien quoi leur dire… Déjà bien maladroit ou emprunté avec les écrivains vivants, j’ai peine à imaginer de quelle façon je pourrais me comporter avec ces icônes : avouons que tu es sans doute le seul écrivain avec qui je n’ai besoin de quelconque bouclier.
Ce n’est pas d’une camaraderie fantasmée, traversant les siècles, qu’il s’agit, encore moins d’un rapport de familiarité que j’établirais sans vergogne. Les sentiments que tu m’inspires vivent dans une dimension autre que la simple admiration, ils n’ont généré ni collectionnite aiguë ni fétichisation, pas davantage de désir de découvrir tout ce qui a pu être dit sur l’auteur comme sur l’homme Jack London. Je me sens tout simplement proche de toi. Je ne vois pas comment le dire autrement. Parfois, il ne sert à rien de se cacher derrière des analyses savantes pour décrire des émotions très simples.
Tu es entré tôt dans ma vie, d’abord de façon très banale. À peine adolescent, je me perdis comme tant d’autres dans des versions abrégées de Croc-Blanc ou de L’Appel de la forêt. Puis mon père m’a tendu Martin Eden (il me semble me souvenir que j’avais dix-sept ans). Ce livre a libéré quelque chose en moi. Il m’a aussi véritablement ouvert ton monde. Parmi les auteurs prolifiques, tu es le seul dont j’ai tout lu, voguant sur ces milliers de pages de toutes les façons possibles, du cabotage au franchissement des tempêtes les plus féroces.
Je pourrais donner un grand nombre de raisons pour lesquelles Martin Eden a tant compté. Certaines affectives, ainsi ce lien avec mon père, d’autres plus littéraires : j’affirme par exemple que la fin de ce roman est la plus grande fin de roman qui ait jamais été écrite (non, je n’en démordrais pas). Les raisons profondes cependant ne regardent que moi, et je ne vois pas de livre qui ait eu et continue d’avoir une telle importance à mes yeux. Peut-être ai-je construit une mythologie personnelle autour de lui, tissée de magie, de croyances, de reconstructions habiles, de toutes ces choses qui aident à tenir un cap à peu près compréhensible dans ce monde chaotique. Je n’ai pas à m’en garder ou à m’en excuser. Voilà qui bien au contraire me...

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