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Domaine étranger Contrenarrations de John Keene

novembre 2016 | Le Matricule des Anges n°178 | par Eric Bonnargent

Ce n’est pas un livre d’histoire sur la condition noire du XVIe au XXe siècle, mais un livre d’histoires. Ce n’est sans doute pas pour rien que la première citation mise en exergue, signée James Baldwin, exprime une réticence vis-à-vis du travail de l’historien : « Peut-être donc, après tout, n’avons-nous aucune idée de ce qu’est l’histoire : ou bien nous fuyons le démon que nous avons convoqué. » John Keene, lui, n’a rien à démontrer, il laisse son lecteur libre d’interpréter comme il veut ce qu’il lit et parvient à nous faire vivre ce que furent l’esclavage et la discrimination dans la chair de ceux qui en ont souffert. De plus, l’histoire est écrite par les dominants et donc par les oppresseurs. Ici, il s’agit bien de « contrenarrations » au sens où l’auteur prend systématiquement le contre-pied du discours officiel à propos d’événements réels (le meurtre sanglant de l’héritier d’une famille de banquiers à São Paulo ou la guerre de Sécession), de personnages réels (l’amitié entre les poètes L. Hughes et X. Villaurrutia) et même fictifs (en donnant la parole à Jim, l’esclave qui fut le compagnon de route de Tom Sawyer, qui voit les choses d’une autre façon que Mark Twain). Pour faire réfléchir son lecteur, John Keene utilise à chaque fois des formes narratives différentes, de la plus classique à la plus surprenante, comme la note de bas de page qui, dans « Glose sur une histoire des catholiques romains au début de la république américaine, 1790-1825 ; ou l’étrange histoire de Notre-Dame des Douleurs », interrompt le discours officiel pour nous raconter le récit tragique de la petite Carmel et de sa famille, ou comme le stream of consciousness qui nous plonge dans les pensées de Miss Lala, la trapéziste peinte par Degas.
Du Brésil aux États-Unis, en passant par Saint-Domingue ou Paris, ces treize récits constituent bien un roman et non un recueil de nouvelles, une contrenarration permettant aux victimes de l’esclavage et de la discrimination de retrouver la parole et par là même leur dignité.

Éric Bonnargent

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Bernard Hoepffner
Cambourakis. 352 pages, 24

Contrenarrations de John Keene Par Eric Bonnargent
Le Matricule des Anges n°178 , novembre 2016.
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