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Événement & Grand Fonds D’un Japon ambigu

novembre 2016 | Le Matricule des Anges n°178 | par Thierry Cecille

Succombant aux tentations de la violence ou de la haine de soi, les personnages de Kenzaburô Ôé composent un microcosme perturbant mais profondément humain.

Un adolescent commet l’inceste avec sa sœur, handicapée mentale, en l’assurant qu’ils constituent ainsi une sorte de couple inséparable, mais elle se suicide quand elle comprend la vérité et leur culpabilité. Un jeune homme de 17 ans, masturbateur effréné et honteux, trouve le salut dans la dévotion fanatique à l’Empereur, commet un assassinat politique et se pend ensuite. Dans un autobus, une bande de soldats américains force une dizaine de Japonais à se transformer en une «  tribu bêlante » de moutons dociles, les fesses à l’air. Sur un lit d’hôpital, un « homme-cancer  » dicte à sa femme – qu’il ne cesse d’appeler son « exécutrice testamentaire » – son enfance réinventée, en un long monologue plaintif et éructant, se désignant à la troisième personne comme un personnage de roman. Une femme choisit de se réfugier dans l’ivresse permanente du whisky, après avoir dû abandonner dans une institution son fils, atteint gravement par une opération au cerveau.
Ce ne sont là que quelques figures de l’univers complexe, parfois énigmatique, souvent désespérant, du Japon prodigieusement riche, contradictoire, que décrit, œuvre après œuvre, Kenzaburô Ôé. Né en 1935, récompensé par le prix Nobel en 1995, il n’a cessé, dès l’âge de 20 ans, d’affiner et de renouveler sa vision d’un pays tourmenté, que hantent les fantômes de la défaite et de la destruction atomique aussi bien que l’occidentalisation à outrance et le nationalisme révisionniste. Antonin Bechler, maître-d’œuvre de cette édition Quarto, a dû opérer un choix, parmi les vingt-neuf romans, les quinze recueils de nouvelles et les quarante recueils d’essais et entretiens qui jalonnent ce parcours admirable.
Nous trouvons au cœur du volume les deux ouvrages majeurs d’Ôé que sont les Notes de Hiroshima (1965) et Le Jeu du siècle (1967). Dans le premier, l’écrivain se fait journaliste pour recueillir les témoignages terribles, pathétiques et sublimes à la fois, des survivants, les hibakusha, ces « victimes atomisées » de la bombe. Avec une attention méticuleuse, qu’alimente le respect toujours accru que lui inspirent ces « êtres authentiques  », il enquête à Hiroshima, comme le fera bien plus tard Svetlana Alexievitch à Tchernobyl. Il scrute chez les malades comme chez les médecins qui leur permettent, avec leurs pauvres moyens, de survivre encore un peu, la « sagesse des faibles » et la dignité, cette forme de résistance qui constitue pour lui « l’esprit de Hiroshima  ». Leurs paroles nous happent, tout comme nous impressionnent les descriptions de ce lieu maudit – ainsi des «  myriades de lanternes  » qui, sur les rivières de Hiroshima, voguent dans la nuit « pour calmer les tourments des démons affamés ». Le Jeu du siècle, lui, est un roman-somme, qui rivalise avec Kafka comme avec Faulkner : une tragédie familiale ranime les fantômes des ancêtres et révèle les secrets accumulés durant un siècle de violence, de 1860 à 1960. Le personnage principal, antihéros en proie à une...

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