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Dossier Asli Erdogan
Cris dans la nuit

janvier 2017 | Le Matricule des Anges n°179 | par Thierry Cecille

Entre le poème en prose et l’allégorie engagée, l’écrivaine invente, dans ses chroniques, une forme pour affronter l’invivable : la Turquie d’aujourd’hui.

Que faut-il écrire ? Que peut bien faire l’écriture (la tienne), que peut-elle bien mettre en “mots”, et au nom de quel monde peut-elle transformer celui-ci ? Jusqu’où peut-elle se baser sur la réalité ? (…) Mot tant de fois prononcé, il lui arrive parfois de s’accrocher à l’homme telle une anaphore, de l’éparpiller entre ciel et terre. Puis il le jette subitement dehors, et l’abandonne sur les rives du silence. L’écriture, comme cri, naissant avec le cri…  » Quand l’urgence de témoigner devient insoutenable, quand l’angoisse ou le pressentiment du remords (celui d’être complice, même involontairement) s’immisce puis s’impose, il faut parler, transformer le cri en voix, tenter de mettre en mots ce qui ne saurait demeurer indicible. De la reprise de la guerre contre les Kurdes durant l’été 2015 au coup d’État du 15 juillet 2016 – manqué et qui fut, pour le président Erdoğan, comme une divine surprise – en passant par le procès des journalistes de Cumhuriyet en mai 2016, Aslı Erdoğan écrit, pour le journal prokurde Özgür Gündem, des textes de longueur et de forme variés, dont un choix révélateur nous est proposé dans ce volume.
Mêlant l’analyse à l’anathème, l’évocation subjective et sensible à la déploration, le témoignage à ce qui pourrait sembler parfois de cauchemardesques poèmes en prose, Aslı Erdoğan dépeint une Turquie en guerre. La Turquie est désormais en effet un pays déchiré où Erdoğan et l’AKP, son parti, montrent enfin leur vrai visage, celui du « fascisme aujourd’hui  », et où la liberté d’expression agonise : «  Nous sommes tombés au 151e rang de 180 pays sur la liste pour la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières, nous sommes dans une situation encore plus grave que beaucoup de pays d’Asie ou d’Afrique  ». Les pages les plus fortes sont peut-être celles dans lesquelles elle décrit ces villes du Kurdistan turc, assiégées et bombardées par les forces armées de leur propre pays, en cette Mésopotamie, terre sacrée et douloureuse, « qui depuis douze siècles, sans dire un mot, écoute et colporte l’histoire tragique de l’homme… Terre où le commencement a rendez-vous avec la fin, les racines avec les morts, terre absorbante, donnant vie à toute chose, au sang et aux cris, aux os et à la pierre, sans distinction, terre aux entrailles couvant ses mystères et ses germes futurs  ». Là-bas, à quelques dizaines de kilomètres d’autres villes martyres, en Syrie, ce sont des enfants kurdes qui meurent sous les bombes, des mères kurdes qui cherchent dans les ruines des membres déchiquetés : «  l’oreille mutilée de Bünyamin  » est un des leitmotivs d’une écriture lancinante, toute en reprises et variations, comme d’une musique répétitive et funèbre.


« Approcher chaque existence avec le sens du destin »


Éloignée de la tonalité épique des chefs-d’œuvre du Kurde Yachar Kemal, tout comme de la maestria narrative du prix Nobel Orhan Pamuk, ou encore de l’inspiration autobiographique, modeste...

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