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Dossier Asli Erdogan
Aslı l’indépendante

janvier 2017 | Le Matricule des Anges n°179 | par Thierry Guichard

Maître de conférences, traducteur et directeur de la collection « Lettres turques » chez Actes Sud, Timour Muhidine est un spécialiste de la littérature turque et le principal éditeur d’Aslı Erdoğan.

Tout d’abord Timour Muhidine, vous qui dirigez la collection « Lettres turques » où ont paru la plupart des livres d’Aslı Erdoğan, comment avez-vous vécu l’arrestation et l’enfermement de la romancière, puis sa libération conditionnelle il y a quelques jours ?
Le jour de son arrestation, le 17 août, j’ai, comme tout le monde été surpris de l’ampleur de la rafle sur le journal et de la traque qui s’est ensuivie : plusieurs collaborateurs ont réussi à s’échapper et font d’ailleurs partie de condamnés « en absence ». Musclée et disproportionnée, cette arrestation indique immédiatement la dimension que l’on veut donner à l’inculpation. Il s’agit d’une opération antiterroriste : on lui reproche l’association et le soutien apporté – à travers le journal Özgür Gündem – au PKK, organisation « terroriste » (= indépendantiste) selon l’État turc. L’incarcération (deux jours plus tard) n’était qu’une suite mais elle s’est transformée en peine longue (pour quelqu’un qui n’était toujours pas jugé !) puisqu’elle a duré 136 jours… Sa libération conditionnelle, le soir du 29 décembre, fut très tardive et a sûrement été influencée par la pression des comités de soutien et l’action diplomatique déployée in extremis (en décembre seulement) par quelques pays européens dont la France.
Je suis allé à Istanbul le 13 septembre, très intrigué par l’état dans lequel j’allais trouver le pays : j’ai rencontré des amis qui animaient le comité de soutien à Aslı, nous sommes allés manifester devant la prison de Bakirköy (où elle se trouvait incarcérée) et puis j’ai rencontré, comme à chacun de mes voyages, des écrivains, des éditeurs, etc. Tout me paraissait irréel. La Turquie avait changé, basculé dans un « Absurdistan » où rien ne semblait fonctionner comme avant. Et Aslı, l’auteure que je connaissais depuis 1993, que j’avais accompagnée aux quatre coins de la France lors de ses invitations ou de la sortie de ses livres, se trouvait là, dans une cellule située derrière ce mur beige surmonté du panneau : « Bakirköy Kapali Kadin Cezaevi ». Je n’arrivais pas à me la représenter en prison. La personne que je connaissais n’était pas là : elle s’était transformée en image « d’avant ». L’Aslı d’aujourd’hui était invisible et abstraite. Pas comme un mort bien sûr mais comme un être mis entre parenthèses.
Et puis quand elle est sortie – j’ai vu sur Internet les images où elle quitte la prison avec un petit sac contenant des couvertures, les cheveux plaqués sur le crâne par une pluie battante, les traits tirés –, je me suis senti rassuré, non seulement par sa libération mais par son existence même. J’étais content de retrouver la personne que l’on nous avait confisquée. Aussi vivante, aussi vive et prête, immédiatement, à critiquer le pouvoir, comme si de rien n’était…

Avant son arrestation Aslı Erdoğan était-elle une voix qui portait en Turquie ? Était-elle connue du grand public ?
Avant son arrestation, depuis cinq ou six ans, Aslı Erdoğan...

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