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Entretiens L’épreuve de la voix

avril 2017 | Le Matricule des Anges n°182 | par Éric Dussert

Avec Lamartine, une pratique nouvelle se répand parmi les écrivains au XIXe siècle : la lecture des œuvres en cours à un groupe d’amis. Une garantie ?

La lecture publique de ses écrits par l’auteur lui-même est devenue un passage obligé de la vie littéraire. Facteur d’animation culturelle ou commerciale au même titre que les séances de signature, ce passage par le relais de la personne physique et de la voix de l’écrivain est entré dans nos dispositifs de réception des œuvres avec un crédit aussi redoutable que discutable : élément d’un rituel que l’on dirait magique, la voix de l’auteur serait pourvoyeuse d’une dimension supplémentaire de l’écrit, comme une vibration explicative fournie en prime, et garantissant l’authenticité de la phrase, de son rythme, de son intensité. L’asthme du père Proust ferait-il encore son petit effet dans nos esprits ? Si l’exercice de la lecture à haute voix est parfois intéressant, ou utile, il est indéniable qu’il n’est pas valable à tout coup et que d’Iliazd vocalisant sa poésie zaoum à nos récents prix Goncourt, il y a une marge que l’histoire littéraire va permettre d’éclairer.
Après avoir travaillé sur les cénacles, ces groupes d’écrivains pourvus par l’affinité, Vincent Laisney, professeur de littérature à l’université de Paris-Ouest, a entrepris de dresser le panorama de cette modalité de test du travail en cours entre pairs qui aura mû Chateaubriand et Mallarmé comme Gide ou Flaubert avant qu’intervienne son rôle de transmetteur au sein de la société du spectacle. Retour aux origines d’un fait culturel.

La lecture à haute voix des textes littéraires en cours de création devient un passage obligé au cours du XIXe siècle. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
« Obligé » est un terme un peu fort. Certains écrivains, et non des moindres, sont passés à travers cette épreuve, ou s’en sont passés, – on ne sache pas que Balzac, par exemple, ait lu toute sa Comédie humaine à haute voix en petit comité, ni qu’Isidore Ducasse ait disposé d’un cercle d’amis suffisant pour faire entendre ses Chants ou ses Poésies… Il n’en reste pas moins, en effet, que de très nombreux écrivains se sont pliés à cet exercice. J’en ai été le premier surpris au cours de cette enquête : pourquoi Chateaubriand, Hugo, Baudelaire, Flaubert, Rimbaud ont-ils éprouvé le besoin de tester oralement leurs œuvres en cours. On ne peut pas répondre de manière univoque à cette question – les motifs en sont variés –, mais je dirais que le phénomène s’explique par deux raisons concomitantes : il y a d’une part l’omniprésence d’une confraternité littéraire et artistique convocable à discrétion (appelée « cénacle »), douée de compétences exceptionnelles pour juger la qualité d’un texte, ce que Nerval appelle un « public de choix ». Il y a d’autre part l’impérieux désir de faire sonner la langue, d’en libérer la musique intérieure – étouffée dans la lecture silencieuse. Comme le dit très bien Flaubert : « Un livre est jugé par la lecture à haute voix. » Épreuve ultime devant un parterre sublime.

À quel moment se met en place cette mode ?
Au début cela...

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