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Domaine français Winter is coming

avril 2017 | Le Matricule des Anges n°182 | par Martine Laval

Se dire, après coup, « qu’on a été idiot d’espérer quand même, de se raccrocher, de lutter  ». Se dire encore que la douleur «  il faut bien la dorloter un peu, comme on dorlote le nourrisson monstrueux, la douleur est encore la vie, qui nous relie aux morts ». Se dire désormais « que les souvenirs à présent seront toujours des regrets  ». Se dire, et puis l’écrire. Quand on est écrivain comme Pierre Jourde, que l’on sait la force de la littérature, pas d’autre choix que celui de se mettre à la tâche – à nu –, raconter l’absurdité comme la colère, les espoirs guerriers comme les désillusions, pire, le renoncement. 
Gabriel, le fils de Pierre Jourde, a 20 ans et voilà qu’il va mourir, un jour de mai. Une sale maladie, fulgurante. Pierre Jourde laisse tomber la fiction, s’empare du récit, autre recherche de la vérité, comme il le fit avec tant de force dans Pays perdu. Il dit tout, l’hébétude à l’annonce du verdict, la dégringolade, les petites joies, la révolte, l’envie de tout foutre en l’air, les « blagues de cimetières  » pour déconner, rire, oui, rire, l’ennui qui s’abat, pollue l’atmosphère des hôpitaux autant que les désirs, la hargne qui ronge, la difficulté à faire face – mais faire face à la mort, est-ce possible ? Et ce corps jeune et beau qui souffre et « s’absente  », et la force de Gabriel, et son sourire, et son « merci Papa ». 
Pierre Jourde dit l’amertume sans s’apitoyer, sans chichis, il s’adresse au fils perdu, s’interroge, avoue sa médiocrité – humaine si bêtement humaine : « Finir par filer, avec au ventre la culpabilité, l’impuissance, en le laissant là. Jusqu’au lendemain. Avoir été incapable de donner à ces précieuses minutes un peu d’intensité, un peu d’éternité.  » On dira sans doute de Winter is coming que c’est un travail de deuil. Il serait plus juste de le « dorloter » comme on chérit un roman d’amour, un hymne au fils, à la vie. Martine Laval

Winter is coming de Pierre Jourde
Gallimard, 158 pages, 15

Le Matricule des Anges n°182 , avril 2017.
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