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Dossier Juan Goytisolo
La gloire du paria

juin 2017 | Le Matricule des Anges n°184 | par Thierry Cecille

Le romancier et essayiste espagnol s’est éteint à Marrakech le 4 juin. En ces temps où nations et individus se recroquevillent dans la crainte ou la haine, redécouvrons un écrivain délibérément étranger, explorateur jamais satisfait de territoires humains et littéraires, l’exilé d’ici et d’ailleurs.

En 1955, âgé de 24 ans, Juan Goytisolo arrive à Paris : il a rendez-vous, chez Gallimard, avec Maurice-Edgar Coindreau, le traducteur de son premier roman Jeux de mains. L’accueille « une jeune femme dorée par le soleil, aux cheveux très courts  », Monique Lange, secrétaire du service des traductions, alors dirigé par Dionys Mascolo. Coup de foudre et de chance : ils s’aimeront, vivront ensemble, grâce à elle il rencontrera Genet, Duras et le groupe de la rue Saint-Benoît. Il s’installe à Paris. En 1970, sur les hauteurs de la forteresse de Tanger, où il vit depuis déjà quelques mois, il observe sa terre natale, l’Espagne aimée et haïe, et rêve de la voir envahie, de nouveau, par des Maures vengeurs et bien plus vivants que ses compatriotes, encore sous l’étouffoir du franquisme désormais en voie d’européanisation, s’adaptant au capitalisme consumériste et à l’hédonisme touristique. En 2002, dans sa maison de Marrakech, il doit affronter la disparition de Monique Lange et le vieillissement – mais ses pas, encore et encore, le conduisent à la place Jemaa el-Fna : il s’est battu pour qu’elle soit inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité et il peut y écouter les conteurs et les poètes, y observer l’incessant chamboulement quotidien de la vie des humbles. De retour entre ses murs intimes, il peut se replonger dans les livres aimés, lire encore les poèmes des mystiques soufis, suivre en riant les aventures de Don Quichotte ou de la Célestine – et il peut aussi écrire encore, avant que « le rideau tombe ». Durant toutes ces années, son œuvre n’aura cessé de grossir, explorant de nouvelles voies, atteignant toujours davantage de lecteurs, dans de nombreuses langues : une vingtaine de romans, une vingtaine de recueils d’essais, de nombreux articles, deux volumes d’autobiographie… Il aura arpenté Paris, New York et Istanbul, métropoles qu’il lit comme on lit des romans, explorant et cartographiant leurs marges où palpite et résiste la vie. Mais, témoin et accusateur à la fois, il aura également fait l’expérience de lieux martyrs, en Algérie, en Tchétchénie, en Palestine, à Sarajevo…
Sans doute le contraste est-il saisissant entre ce parcours et ce qui en fut l’origine : la Barcelone de l’après-guerre civile ou, devrait-on dire, de l’après-Croisade, cette Barcelone désormais muselée, contrôlée, une fois que les Rouges ont été exterminés ou, au moins, chassés. La famille de Goytisolo est conservatrice, bigote même, l’enfance est peu libre, la religion et la morale, les valeurs qu’impose le régime désormais tout-puissant, installé pour plus de quarante ans, barrent l’horizon – et l’on imagine bien les « âcres hypocrisies » (Rimbaud) auxquelles est contraint l’enfant. Précisons d’emblée que la mère qui, dans son cas, aurait pu être la voix de la liberté et de l’imaginaire, fait défaut : elle trouve une mort tragique sous les bombes de Franco, en mars 1938, au cœur de Barcelone, un jour où elle est allée faire des achats de cadeaux...

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