La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger

septembre 2017 | Le Matricule des Anges n°186 | par Thierry Guinhut

À cheval donné, on ne regarde pas les dents, dit l’adage. Mais aux dents vendues par le loufoque commissaire-priseur Gustavo Sanchez, on ne vérifie guère l’authenticité. De tels outils, fort irréguliers, notre personnage a vidé sa mâchoire pour les remplacer par celles de Marylin Monroe, plus flatteuses, achetées lors d’une vente aux enchères. On imagine que ces dernières sont évidemment des faux. Mieux encore, Gustavo entreprend de faire passer les ornements dégingandés de sa bouche hâbleuse pour des « lots hyperboliques », des « reliques métonymiques », qu’il vante en citant la Bible et « Miguel Sanchez Foucault ». Ces « fenêtres de l’âme » sont celles de Platon, Woolf (qui est le lot le plus disputé), Borges, Vila-Matas, etc. Atteindrons-nous les tréfonds de la dérision, lorsque son fils, nommé Siddhartha, se portera acquéreur des témoins de sa généalogie ? Non, car les « lots allégoriques » suivants, dont une « montagne de merde », parodient le marché de l’art contemporain.
Un tel roman n’est pas à prendre trop au sérieux. Mieux vaut en rire. Et surtout en déceler la part de satire, stigmatisant le monde des arnaqueurs et des faussaires. Valeria Luiselli, née mexicaine, a réussi à imprimer un ton sans cesse enlevé à ce récit grand-guignolesque, intégrant au bout du compte neuf photographies testamentaires, puis une chronologie officielle du vendeur le plus incroyable, quoique plus psychologue du désir humain qu’il n’y paraît. Ne s’agirait-il pas d’une sorte d’apostille à La Guerre du faux d’Umberto Eco !

Thierry Guinhut

L’Histoire de mes dents,
de Valeria Luiselli
Traduit
de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, L’Olivier,
192 pages, 19,50

Le Matricule des Anges n°186 , septembre 2017.
LMDA papier n°186
6.50 €
LMDA PDF n°186
4.00 €