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Poésie Saisissante Mina Loy

janvier 2018 | Le Matricule des Anges n°189 | par Éric Dussert

Nouvelle édition des Œuvres de la poète américaine. Vives, intrigantes, fortes.

Il n’est ni vie ni mort

Par un effet stroboscopique bizarre, on a surtout retenu qu’elle a épousé le costaud Arthur Cravan, perpétuel impétrant qui est arrivé (tout seul) quelque part (mais on ignore où). D’abord formée à la peinture, Mina Loy (1882-1966) rencontre les futuristes à Florence. À Paris, elle avait fréquenté Apollinaire et Stein, elle est prête à des aventures poétiques nouvelles. « Raminetti/ faisait claquer le fouet du dompteur/ à califourchon sur une locomotive prismatique/ tempêtant sur l’estrade chancelante/ des Arts/ ce représentant de commerce exorciste/ ramenait dans sa poche/ quelques nouveautés de Paris/ souvenirs destinés à ses disciples/ pour qu’ils paradent/ à son carnaval dynamique. »
On comprend à lire sa poésie complète, Il n’est ni vie ni mort, l’association d’Arthur et de Mina se rejoignant dans leur quête de puissance artistique et de vie jaillissante. La disparition de Cravan à l’automne 1918 la brise. Loy, enceinte du poète-boxeur, se lance dans une recherche qu’elle abandonnera en 1923. À partir des années 1930, Mina Loy se tait, écrivant toutefois jusqu’en 1953, justifiant par son silence ce retrait où on l’a laissée. Paradoxalement, sa poésie se caractérise par un souci constant de la musicalité. Sans être aussi zaoum qu’Iliazd, il y a aux alentours de 1914 un véritable sens du son. Dans les grands textes de Loy, le Baedeker lunaire ou « Chants d’amour pour Joannes » (1915-1917), que de trouvailles ! Femme de son temps, elle a soin de lier psyché et sexualité, ce qui provoque des « mille-feuilles poétiques » dignes de joie. On se souviendra longtemps de sa description du Leopold Bloom de James Joyce, comme d’« un Don Juan de Judée en route vers sa libido », de ses saynètes, de ses dialogues endiablés, de ses satires. On dirait qu’elle a croisé Khlebnikov…
Olivier Apert, son traducteur amoureux, évoque l’un de ses plus étranges poèmes, « Les anglo-métis et la rose », « polyscopie métaphorique » et autobiographique qu’il trouve parfois « effrayant » : on y suit au fil de sa pente la pensée de cette femme belle à damner les artistes. On raconte qu’après la Seconde Guerre mondiale, Mina Loy peignait en mélangeant autant que possible les techniques, trouvant son matériau en ramassant des objets usagers dans la rue. De même, sa poésie, matériau composite comme l’art du siècle dernier, puissant, sonore, composite : « De même la fille-métisse/ du Noman’s land/ extrayait-elle le timide/ esprit de la Beauté/ des excréments et des médicaments. » Naturalisée américaine, en 1946, Mina Loy est morte le 25 septembre 1966 à Aspen.
Éric Dussert

Il n’est ni vie ni mort, de Mina Loy, traduit par Olivier Apert, Éditions Nous, 316 pages, 24

Saisissante Mina Loy Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°189 , janvier 2018.
LMDA papier n°189
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