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Entretiens Dans la gueule du monstre

février 2018 | Le Matricule des Anges n°190 | par Thierry Cecille

Plus de mille pages pour tenter de dire le Goulag : phénomène inhumain mais dont les hommes furent pleinement responsables, pieuvre tentaculaire et ogre dévorateur.

Le Goulag

Témoignages et archives, Édition établie et présentée par Luba Jurgenson et Nicolas Werth, Laffont
Editions Bouquins

On pourrait, cyniquement et tragiquement à la fois, se réjouir : notre connaissance de « l’espèce humaine » s’est sans doute enrichie, au XXe siècle, des expériences extrêmes que les divers Léviathans politiques ont su élaborer. Si d’aucuns n’ont « rien vu à Hiroshima », d’autres ont beaucoup vu, vivant et survivant, à Auschwitz et Magadan, à Buchenwald et Phnom Penh – et certains ont pu témoigner, dès leur libération ou bien des années plus tard. Ainsi avons-nous pu approcher le Goulag, grâce aux mots de Soljenitsyne et de Chalamov, ou à la recherche des traces qu’effectuèrent Iossif Pasternak et Hélène Chatelain dans leur magnifique documentaire (Goulag, La Sept/Arte, 2000). Aujourd’hui, cent ans après Octobre, ce fort volume réunit récits et rapports, chiffres et scènes, portraits et bilans pour qualifier l’inqualifiable. L’historien Nicolas Werth et l’écrivain Luba Jurgenson ont associé leurs savoirs respectifs dans cette tâche. Luba Jurgenson, à qui nous devons la traduction complète et indispensable des Récits de la Kolyma de Chalamov (chez Verdier), nous présente les objectifs de cette nouvelle entreprise démesurée.

Luba Jurgenson, tout d’abord, si vous le permettez, une question provocatrice : n’y a-t-il pas de votre part quelque provocation à commémorer, par plus de mille pages consacrées au Goulag, le centenaire de la Révolution russe ?
La révolution bolchevique d’octobre 1917 est discréditée par ses conséquences désastreuses. Mais notre intention n’était pas de remettre à l’ordre du jour cette vérité bien connue, plutôt d’apporter de nouveaux éclairages sur le Goulag à travers des entrées thématiques et non chronologiques, de montrer la « société » concentrationnaire de l’intérieur. Le Goulag est vu trop souvent comme un phénomène « russe », justement parce qu’il fait suite à la révolution. Or, c’est un phénomène européen, pas seulement parce qu’il y a eu beaucoup d’étrangers au Goulag, mais aussi parce que la violence politique qui l’a provoqué participe de cette « brutalisation » des sociétés que l’on observe aussi ailleurs, sous d’autres formes, après la Première Guerre mondiale. La révolution peut être perçue comme une genèse de la terreur, mais nous ne donnons pas une lecture linéaire et déterministe de cette postérité.

Diriez-vous que l’entreprise concentrationnaire, ce qui peu à peu va devenir l’archipel réticulaire, tentaculaire du Goulag, naît avec la Révolution, d’emblée ? Ou bien faut-il même remonter plus haut dans l’histoire russe ?
Au lendemain de la révolution, on voit naître des espaces qui s’apparentent à des camps d’internement. C’est le camp des Solovki, créé au début des années 1920, qui constitue le véritable « laboratoire du Goulag ». Entre ce premier vrai camp et les ensembles concentrationnaires et industriels qui ont essaimé à partir des années 1930, il existe une différence importante. Quant à la prison politique que les Solovki abritaient depuis Ivan le Terrible, on...

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