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Poésie Assommons les poètes !

mars 2018 | Le Matricule des Anges n°191 | par Christine Plantec

Assommons les poètes !

À part écrire, vous faites quoi dans la vie ? » Assommons les poètes ! est un coup de gueule. Un rappel de la condition d’écrivain, de la violence manifeste ou symbolique dont il est l’objet : « non il n’y a pas de rémunération pour les auteurs (…) les musiciens les techniciens les animateurs sont rémunérés mais ce n’est pas la même chose les auteurs viennent parler de leurs livres vendre leurs livres c’est un peu de la promotion pour eux » ! En forme de clin d’œil au poème de Baudelaire, la violence y est inscrite dès le titre de l’opus de Sophie G. Lucas où l’injonction froide – « assommons » – ne doit pas occulter l’argument final, ironique et cruel du poème de 1869 qui invitait à restituer à « l’antique carcasse » du mendiant sa dignité en lui assénant des coups à faire pâlir un sociopathe… Victime expiatoire, le poète doit composer avec le hiatus dont il est l’objet : d’un côté survalorisation de son rôle, de l’autre dépréciation de son statut de précaire velléitaire. Difficile de faire avec « ses deux vies en une ». Ce thème du double remonte à l’esprit de la poète lors d’une marche dans Toronto par les mots de Lewis Carroll extraits d’Alice : « elle se rappelait un jour avoir tenté de se gifler pour avoir triché lors d’une partie de croquet qu’elle disputait avec elle-même, car cette curieuse enfant aimait beaucoup faire semblant d’être deux personnes ». Se faire à la fois témoin de sa propre vie et de celle des autres comme déjà dans Témoins publié en 2016 où archive judiciaire et autobiographie se nourrissaient l’une l’autre… Alors bien sûr, rien de nouveau dans Assommons les poètes ! d’autant que l’écriture y est volontairement plate comme si écrire consistait à rester fidèle à ses origines. Quant au pouvoir émancipateur de la littérature, il n’est peut-être pas inutile de le rappeler car si « ça a toujours kekchose d’extrême un poème » (Queneau cité par Lucas), c’est peut-être que plutôt que d’aiguiser le (bon) goût, il est un acte de résistance, qu’il s’agisse de l’écrire, de le faire écrire, de le lire à voix haute, en silence… ou de se le remémorer.

Christine Plantec

Assommons les poètes ! de Sophie G. Lucas
La Contre Allée, 160 pages, 10

Le Matricule des Anges n°191 , mars 2018.
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