La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Peut-être ou La nuit de dimanche

mars 2018 | Le Matricule des Anges n°191 | par Yann Fastier

Peut-être ou nuit de dimanche

Né en 1932, Jacques Roubaud n’est pas ce qu’on appelle un perdreau de l’année. Poète, mathématicien, vrai ou faux romancier, traducteur des troubadours et membre éminent de l’Oulipo, voici qu’il nous livre une Autobiographie romanesque. Que l’on n’ouvrira pas sans crainte de tomber, comme toujours avec les oulipiens, dans l’une de ces chausse-trappes textuelles qui fera durablement passer pour un niais celui qui ne l’aura pas aperçue tapie dans l’ombre d’une contrainte. Pour le coup, il semblerait que non. Certes, il ne fallait pas compter sur JR pour raconter sa life comme un vulgaire footballeur. À 85 ans, celui qui se définit (en anglais) comme « a mathematician, retired ; and a poet, not retired, but tired  » a su néanmoins rester jouette (en belge). Et ce d’autant qu’il avoue son scepticisme au sujet de l’effort mémoriel à la Sartre ou Leiris, lesquels, selon lui, se la racontaient un peu. L’autobiographie n’est jamais qu’une forme de fiction, d’autant plus vaine qu’elle se prétend véridique. Pas dupe et toujours soucieux de la forme, Roubaud dispose donc tout un appareillage de fils conducteurs et de strates narratives, identifiés par différentes polices de caractères : « fragment romancé », contexte de ce fragment, mode « journal » accompagnant la composition du livre, etc. Mais qu’on ne s’y trompe pas : très conscient qu’une santé précaire rend infiniment incertain tout nouveau projet d’importance, JR batifole dans ses souvenirs plutôt qu’il n’arpente sa mémoire en géomètre. Au jour le jour ou presque, il rend un hommage par-ci, règle des comptes par-là (avec ce que l’on suppose être l’Oulipo nouvelle manière), se fend d’un poème ou de considérations théoriques sur le vers libre… Au hasard, dirait-on, il musarde dans sa vie et cueille ce qu’il trouve, comme à la promenade. On redoutait un casse-tête, on revient avec un bouquet. Ce n’est peut-être pas plus mal.

Yann Fastier

Peut-être ou La nuit de dimanche
de Jacques Roubaud
Le Seuil, 179 pages, 20

Le Matricule des Anges n°191 , mars 2018.
LMDA PDF n°191
4.00 €
LMDA papier n°191
6.50 €