La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Sentinelles de la nuit

mars 2018 | Le Matricule des Anges n°191 | par Éric Dussert

Il fallait pour boucler l’œuvre de Silvina Ocampo produire à nos yeux francophones, si l’on peut dire, ses miscellanées. La grande Argentine (1903-1993), épouse d’Adolfo Bioy Casares et sœur de Victoria Ocampo (1890-1979), l’éditrice de la revue Sur pour laquelle elle écrivit longtemps, brillait dans le domaine de la nouvelle. Cela n’étonnera pas à la lecture de ses Sentinelles de la nuit mises en ordre par Ernesto Montequin, celui qui a permis la publication posthume de La Promesse (Éditions des femmes, 2017). Selon le propre aveu de son auteur, les Sentinelles constituaient le livre qu’elle aimait le mieux, même si elle ne lutta pas pour le voir paraître. Elle en offrit cependant le manuscrit à Alejandra Pizarnik. Le texte, apparemment inachevé, pourrait passer pour un patchwork couturé de morceaux épars. Il se déguste cependant comme un livre homogène, alternant des « notes sur des choses très variées, expériences, lectures, tableaux, personnes, paysages qui m’ont impressionnée ». À l’instar des Notes de chevet de la Japonaise Sei Shōnagon (Xe siècle), le genre né de la rencontre du crayon et d’un carnet posé à la tête du lit pour recueillir embryons de récits et aphorismes aux moments où nos cervelles fonctionnent le mieux est assurément adapté au goût pour le fragment de notre époque. Entre vérités métaphysiques, idées de sujets à développer et mises au point, Silvina Ocampo montre en un peu plus de cent pages à quel point elle peut être subtile et forte, lucide et perplexe quant à la destinée humaine, sans illusions toutefois. « À un moment ou à un autre nous sommes toujours un chien pour qui seule compte la venue de quelqu’un. » Quant à certain auteur à succès, il est remis doucement à sa place : « Aujourd’hui (Borges) a dit qu’il déteste – je ne sais pas s’il a employé ce mot – le luxe. Il ne se rend pas compte que la littérature – l’art en général – est un luxe. » Éric Dussert

Sentinelles de la nuit de Silvina Ocampo
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard, Éditions des femmes, 136 p., 13

Le Matricule des Anges n°191 , mars 2018.
LMDA PDF n°191
4.00 €
LMDA papier n°191
6.50 €