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Domaine français Kââ de figure

avril 2018 | Le Matricule des Anges n°192 | par Anthony Dufraisse

Il ne faut pas déclencher les puissances nocturnes et bestiales

Dans le roman noir, tous les chats sont gris. Le bien, le mal ? Ils se confondent. Quant à la morale, pff, on s’assoit dessus. Ce polar, écrit en 1985 par Pascal Marignac (1945-2002), alias Kââ, l’illustre à merveille à travers une « merdique et dangereuse histoire », selon le constat que fait le héros (sans nom), un truand qui mène grand train quand bien sûr il n’est pas, comme ici, dans les embrouilles, lancé qu’il est dans une croisade personnelle pour venger… un flic. Kââ, dont La Princesse de Crève a précédemment été rééditée dans cette même collection, est une signature originale qui, entre cynisme et mélancolie, joue avec les clichés du genre. Le monde qu’il met en scène est « un asile d’aliénés » où l’on se comporte comme dans un abattoir. Cavalcade entre deux gueuletons bien arrosés, ce roman donne constamment dans une violence traitée sur « un mode froid et décontracté ». À l’image du tempérament et du sens de l’humour du protagoniste : « Vraiment, avec toi, ce qu’il y a de bien, c’est que les situations sont toujours renouvelées et comiques », commente un ami du voyou qui ne tardera pas, d’ailleurs, à se faire dézinguer. Tout l’art du récit de Kââ est d’alterner les cadences sur fond de rire grinçant. Ici allegro : on cavale, on se canarde (et pas qu’un peu), ou on joue du levier de vitesse. Et là piano piano, si on est toujours vivant évidemment : c’est alors le temps du coup de fourchette ou celui de retrouver les bras d’une jeune maîtresse. « Cette mélasse où ça partait de tous les côtés » est une sorte de western à plusieurs bandes (comme on dit au billard) qui a le charme de son milieu de naissance, les années 80, qui paraissent terriblement loin. Une autre époque, oui, dont un certain hédonisme sulfureux n’était pas le moindre des attraits.

Anthony Dufraisse

Il ne faut pas déclencher les puissances nocturnes et bestiales, de Kââ
La Table tonde, « La Petite Vermillon », 286 pages, 8,90

Kââ de figure Par Anthony Dufraisse
Le Matricule des Anges n°192 , avril 2018.
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